01/12/2005
Rappariement impossible
Mère et fils, comédie nocturne de Joël Jouanneau
Ils s’arrachent des aveux en s’arrachant le cœur. Lui, le fils (David Mambouch), réfute les pieux mensonges que sa mère (Marief Guittier) a échafaudés. Il saccage la maison comme Verschueren (Christian Ruché), son père, a saccagé la vie de cette mère, dure, sèche et ardente, qui se défend seule contre les clabauderies d’un village.
Mère et fils grelottent de solitude dans le « blanc banquise » d’une commune rurale à l’âme très noire que le metteur en scène, Michel Raskine, contraste avec talent.
Joël Jouanneau n’en avait pas fini avec Saint-André, ce village tourangeau du côté de Pinget. Son Verschueren (Christian Ruché), hâbleur, vulgaire et rondouillard est tout droit sorti du Bourrichon, comédie rurale, tandis que la mère et son fils appartiennent à la tragédie grecque.
Ces deux univers impossibles à rapparier laissent le spectateur perplexe, mais offrent aux comédiens des rôles extraordinaires.
On retrouve Marief Guittier bouleversante et Christian Ruché goguenard, on découvre David Mambouch, un jeune comédien aux riches diaprures, de l’étoffe dont on fait les grands.
21:55 Écrit par Dadumas dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : théâtre |
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30/11/2005
Pas fou, le Feydeau !
Il connaît parfaitement les personnages qui amusent : les cocottes affamées de respectabilité, les bourgeoises vertueuses tentées par le vice, les oncles (ou les tantes) à accent, les jeunes gens dévergondés, les pères nobles prêts à vendre leur progéniture, les jeunes bonnes rabrouées, et le cocuage, surtout le cocuage !…
Ça nous est bien égal qu’il manie l’autocitation !
Jean-Louis Martin-Barbaz, dirige sa vingtaine de comédiens comme un chef d’orchestre inspiré.
Passé le début un peu laborieux, la machine s’emballe avec l’arrivée du Prince (Patrick Simon), suivi de près par le truculent Van Putzeboum (Hervé Van der Meulen), et quand Marcel (Jean-Christophe Laurier) entreprend de calculer le prix d’une journée de loyer, c’est du délire… Il faut dire qu’Amélie (Émilie Cazenave) a du chien, et que sa voix gouailleuse rappelle notre singulière Arletty.
Théâtre Silvia Monfort jusqu'au 15 janvier 2006
18:30 Écrit par Dadumas dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |
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29/11/2005
Surprise à la reprise
La Version de Browning de Terence Rattigan
Une avalanche de récompenses la saison dernière (deux Molières, un prix du Syndicat de la critique, deux prix du Souffleur) justifiait la reprise. Mais voilà que Claude Lévêque (le Directeur) n’était pas libre. Il joue Bartleby dans la grande salle…
Le revirement final a de quoi réjouir ceux qui croient à la justice !
On retrouve avec plaisir Sébastien Accart et les autres comédiens. On savoure le charme du jeune Sébastien Accart qui interprète Taplow, et qui deviendra certainement un directeur virtuose.
Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, jusqu’au 23 décembre.
14:35 Écrit par Dadumas dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |
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