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09/12/2016

Faits pour se rencontrer !

 

 

Vous aviez entendu parler de La Tour de Nesle ? Évidemment ! Même si on n’a pas vu la pièce d’Alexandre Dumas, tout le monde connaît la reine Margot !

Théâtre, théâtre de Nesle, Benjamin OppertMais connaissez-vous le Théâtre de Nesle ? Situé rue de Nesle, dans un ancien hôtel particulier, ses voûtes de pierres apparentes abritent deux salles qui proposent de jeunes spectacles à la recherche d’un public.

Quel public ? Tous les publics, « ils sont faits pour se rencontrer » en ce lieu ! .

On y joue, entre autres, Avant-Pendant-Après de Benjamin Oppert, une comédie en quatre temps, reliés entre eux par un personnage une peu conteur, un peu ange, (Serge Martinez) dont on ne découvre l’identité qu’à la fin. Théâtre, théâtre de Nesle, Benjamin OppertAnne Barthel joue une comédienne haute en couleurs, ardente, égocentrique, et cruelle qu’on retrouve dans toutes les étapes. Près d’elle, Céline Bellanger endosse avec subtilité des identités variées : assistante gaffeuse, bigote vacharde, actrice déçue et peut-être déchue. Deux autres comédiens se partagent des rôles très différents. Idriss, qui assure efficacement la mise en scène, interprète aussi un hypocondriaque, et, qu’il soit astronome, flic ou comédien en tournée, son personnage réjouit le public. Alexandre Triaca suscite à la fois rire et compassion en médecin dépassé par les patients, en prêtre débordé par ses fidèles, en accidenté vaincu par la mauvaise foi de son « accidenteuse », en tourneur-metteur en scène-régisseur au « budget serré ».

Benjamin Oppert peint dans ses personnages les travers de nos contemporains, les péripéties des vies intranquilles, quand « c’est le règne du fric » mais que « personne n’en a ». Il décrit avec finesse les désirs et les manques de ses protagonistes. C’est vif, frais, et il a toujours un regard tendre pour celui, ou celle, qui souffre.

Un auteur à découvrir, et à suivre !

 

 

 

Avant-Pendant-Après de Benjamin Oppert

Théâtre de Nesle

www.theatredenesle.com

01 46 34 61 04

les 7, 21 et 28 décembre à 19 h .

26/11/2016

De la sphère invisible au monde réel

 

 

exposition,littérature,photographie,pédagogie,poésieIl est courant aujourd’hui de crier haro sur l’enseignant, et de le désigner comme le responsable de l’inculture des jeunes gens. Une exposition vient à point pour mettre au contraire en valeur leur implication et leur engagement dans une pédagogie créative. Nous conseillons donc à tous les détracteurs et à tous ceux qui seraient tentés de les écouter de la visiter La Pente de la rêverie[1].

Dix classes de lycéens de l’Académie de Créteil ont répondu à l’invitation de la Maison de Victor Hugo de participer au projet de partir « dans les pas du poète » et de croiser leurs œuvres avec celles d’artistes contemporains, le peintre Anne Slacik, le photographe Jean-Christophe Ballot, ainsi que des poètes Vincent Broqua, Bernard Chambaz, Suzanne Doppelt, Antoine Emaz, Marie Etienne, Isabelle Garron, Virginie Lalucq, Frank Laurent.

Le poème choisi explore lune « spirale profonde ». il est complexe, loin des intérêts supposés des lycéens. Mais certains adultes n’ont pas fini de se tromper sur ce qui peut « forger leur esprit d’analyse et stimuler leur créativité. »

Bonne nouvelle ! Victor Hugo continue d'éveiller l'imaginaire, d'inspirer les jeunes et d'influencer les artistes !

Quels lycéens ? Ceux de trois classes d’enseignement général, et sept d’enseignement professionnel et technologique.exposition,littérature,photographie,pédagogie,poésie

Vous avez dit « voie d’excellence » ? Il n’y en a qu’une, celle qui favorise la réflexion et permet aux élèves de s’épanouir. Elle n’est pas forcément la même pour tous, mais elle est celle qui leur donne confiance en eux, confiance dans la possibilité de maîtriser leur avenir.

          exposition,littérature,photographie,pédagogie,poésie«           Une pente insensible

  Va du monde réel à la sphère invisible […] »

dit le poète.

Ils ont fait le chemin inverse allant de l’abstraction des mots vers la matière, créant des costumes, des décors, des textes et des films, de la sphère invisible au monde réel. C’est une réussite extraordinaire.

Nous pouvons admirer leur inventivité, féliciter leurs professeurs et espérer d’autres expériences aussi fécondes.

 

 

 

 

La Pente de la rêverie, un poème, une exposition

Du 17 novembre 2016 au 23 avril 2017

Maison Victor Hugo

6 place des Vosges

75004 Paris

www.maisonsvictorhugo.paris.fr

 

[1] - in Les Feuilles d'automne.

 

25/11/2016

Des amis susceptibles

 

 

 

Théâtre, théâtre poche-montparnasse, Nathalie Sarraute, Nicolas Briançon, Nicolas Vaude
L’un, débonnaire (Nicolas Briançon), s’inquiète du comportement rancunier de l’autre (Nicolas Vaude). Ils sont amis depuis longtemps, et pourtant, quelque chose ne va pas entre eux.

Quoi ?

« Rien ». Mot magique qui sert chaque fois qu’on n’a pas envie de donner les raisons de sa rêverie, de sa bouderie, de ses angoisses.

Car ce « rien-là » est « tout » à celui qui est ombrageux et perçoit l’ironie, le jugement défavorable dans un changement de ton, un silence une exclamation. Il en est qui rompent « pour un oui pour un non », et Nathalie Sarraute fait de la susceptibilité, un enjeu théâtral jubilatoire.

Pour cet affrontement oxymorien, Léonie Simaga donne à ses personnages aux idées sombres, des vêtements assortis, et les place dans un décor d’un blanc angélique (Décors et lumières Massimo Troncanetti).

Entre «non-dit » et « trop-dit », les fâcheries anciennes réapparaissent, la dispute s’envenime, la fracture se creuse. Tout est prétexte à reproches, amertume et rancoeurs. Et l’appel à témoin (Roxanna Carrara) n’apaisera pas les tensions.

Nicolas Vaude joue le marginal à l’esprit tortueux. Il se recroqueville comme un adolescent blessé, lance des regards par en dessous, se redresse comme un serpent prêt à mordre, suce les mots qui font mal avec délectation. Nicolas Briançon, le regard bleu qui force les aveux, prend des airs paternels, maîtrise en force ses agacements, tente de garder le visage serein, le ton mesuré.

On retrouve ici le plaisir qu’on eut, il y a quelques années, aux échanges de Jacques et son maître par les deux mêmes comédiens. Le grand art du duo !

 

 

Photo :© Brigitte Enguerand 

 

 

Pour un oui pour un non de Nathalie Sarraute

Mise en scène Léonie Simaga

Théâtre de Poche-Montparnasse

Du mardi au samedi à 19 h, dimanche 17 h 30

01 45 44 50 21