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05/02/2018

Pas de bobards sur la guerre !

 

 

 

Théâtre, Guerre de 14-18, Comment parler de la guerre aux enfants ? Comment, à l’heure des commémorations du centenaire, les émouvoir sur le sort de ces milliers de jeunes hommes qui laissèrent dans les tranchées boueuses leurs illusions, leurs espoirs et leur vie ?

Alexandre Letondeur, s’inspirant des « journaux des tranchées » a conçu Le Petit Poilu illustré comme un époustouflant numéro de clowns. Il montre avec humour la volonté des puissances, l’enchaînement des alliances, la cruauté de hiérarchies militaires et son mépris de la chair à canon, en jouant sur le grotesque des situations, des costumes (Pierre-Jean Beroy), de l’équipement.

L’auteur est Paul, l’Auguste du duo, qui encaisse toutes les avanies avec l’air naïf d’un brave poilu. Romain Puyuelo (Ferdinand) est son partenaire autoritaire et suffisant. Et sous la direction de Ned Grujic, les deux compères, revenus de l’au-delà nous conte la Guerre sans verser dans le pathos.

Et pourtant ! Ces deux hommes, n’en reviendront pas ! Ils vont mourir à Verdun pour « garder le terrain conquis », quinze fois abandonné, quinze fois repris. Ils citent les chefs indifférents : Joffre et Nivelle. Ils chantent la terrible Chanson de Craonne, hymne de leur désespoir. Et La Madelon de la victoire qu’ils ne pourront entonner avec les vainqueurs.

La scène commence dans une chambre d’enfants, mais chaque objet, tableau, parc, poupées, fusil de bois, est vite détourné de sa fonction. À la guerre, c’est toujours les mêmes qui trinquent !

Ils questionnent les enfants qui assistent au spectacle, et qui vibrent aux injustices. Et ces échanges forment l’esprit critique qui manque aujourd’hui à tant de frères humains. Les dates sont rigoureusement données, les faits avérés, car on ne peut pas mentir aux enfants ni raconter des bobards aux adultes !

Ce spectacle tourne depuis 2014, et va encore tourner. Ne le manquez pas.

 

 

Le Petit Poilu illustré d'Alexandre Letondeur

Jusqu’au 24 mars au Lucernaire

01 42 22 66 87

Mercredi et samedi à 14H30, dimanche 14H

Et pendant les vacances scolaires du mardi au dimanche

 

 

En tournée :

 

 


- 25 mars 2018 au Pecq (78)
- 27 mars 2018 à La Chapelle Saint Luc (10)
- 7 avril 2018 à Bailly (78)
- 10 avril 2018 à Brunoy (91)
- 3 au 5 octobre 2018 à Beaugency (45)
- 12 octobre 2018 à St Quentin Fallavier (38)
- 16 et 17 octobre 2018 à Clermont-Ferrand (63)

- 19 et 20 octobre 2018 à Avallon (89)

- 24 octobre 2018 à La Ferté-sous-Jouarre (77) –

- 11 novembre 2018 à St-Georges-sur-Cher (41)

- 12 novembre 2018 à Eragny (95)
- 14 novembre 2018 à St Dié-les-Vosges (88)
- 16 novembre 2018 à Longvic (21)
- 20 novembre 2018 à Dax (40)
- 24 novembre 2018 à Lambesc (13)
- 27 novembre 2018 à Rognac (13)
- 19 au 22 décembre 2018 à Pontarlier (25)

 

 

 

 

15/10/2017

De haine et d'amour

 

 

 

Théâtre, Psychanalyse, Mélanie Klein, Brigitte Jaques-Wajeman, Trois femmes. Trois psychanalystes en scène. Mélanie Klein (Marie-Armelle Deguy), sa disciple Paula (Sarah Le Picard), et l’objet d’étude, sujet des dissensions, Mélitta (Clémentine Verdier) fille de Mme Klein.

Nous savons que Mélitta, devenue elle-même médecin, s’opposa violemment à toutes les découvertes de sa mère. Nicolas Wright montre ces trois femmes au cours d’une nuit de quête et d’aveux, de suspicions et de confessions. Ce n’est pas la nuit de Walpurgis, mais tous les démons y sont convoqués.

Vous ne croyez pas à la psychanalyse ? Vous avez vos raisons. Mais ici, vous auriez tort de vous priver de cet éblouissant trio. La reine est sans conteste, Marie-Armelle Deguy, puissante et fragile, d’une intelligence remarquable dans l’interprétation d’un texte mouvant et violent.

Clémentine Verdier, en fille perverse, vindicative et irascible, est bouleversante. Et Sarah Le Picard, blessée, mais lucide et déterminée, joue la raison face à ces passionnées, pétries de haine et d’amour.

Le spectacle mis en scène par Brigitte Jacques est puissant, ne le manquez pas…

 

 

 

Mme Klein de Nicolas Wright

Traduction François Regnault

Mise en scène de Brigitte Jaques-Wajeman

Théâtre de la Ville/salle des Abbesses

01 42 74 22 77

Jusqu’au 20 octobre

08/10/2017

Mère et fille

 

 

théâtre,théâtre de poche-montparnasse,thomas bernhard,dominique vaadié,christophe pertonElle (Dominique Valadié) siège sur un petit divan raide et inconfortable. Elle vilipende les artistes de son époque, critique les mœurs et la société, humilie celle qu’elle appelle : « mon enfant » (Léna Breban), une grande fille sans âge, qui, mutique, va et vient, préparant, comme une servante, les valises pour la villégiature. La Mère est royale, désabusée, cynique, odieuse. La Fille est soumise. Dominique Valadié est souveraine. Léna Breban lui tient tête avec patience. Elles sont impressionnantes.théâtre,théâtre de poche-montparnasse,thomas bernhard,dominique vaadié,christophe perton

La Mère persifle, cinglante, insensible aux autres, à la littérature, à sa Fille qu’elle juge « insignifiante ».

On voudrait qu’elle se taise, que sa fille proteste, qu’elle cesse de plier avec soin les nombreuses robes et manteaux de sa mère, elle qui n’a qu’une seule toilette à emporter. Mais Thomas Bernhard n’est pas de ceux qui croient à la catharsis du tragique. Il appuie sur les travers de l’humanité, il rouvre les plaies, les fait suppurer. Il « jette à la tête des gens leur propre saleté. » Il analyse avec pertinence les rouages de cette relation : mère mauvaise et fille victime.

La Mère a pourtant invité le jeune auteur (Yannick Morzelle) dont elle critique l’œuvre et que sa Fille admire.

Pour quelles raisons ? Dans quel but ?

Ce frêle jeune homme saura-t-il lui résister, ou simplement la faire taire ?

Et c’est au spectateur d’imaginer la suite…

Tout grince dans Au but. Tout est souillé dans les rapports humains. L’humanité de Thomas Bernhard est perverse et l’horizon est noir.

Christophe Perton nous fait entrer sans ménagement dans cet univers cruel. Et les comédiens en montrent l’authenticité atemporelle.

On en sort la gorge serrée, le désespoir au cœur, mais les sens en éveil.

 

Au but de Thomas Bernhard

Mise en scène de Christophe Perton

Jusqu’au 5 novembre

Théâtre de Poche-Montparnasse

01 45 44 50 21

www.theatredepoche-montparnasse.com