24/09/2015
La liberté en Grèce
Solange, ménagère de cinquante ans (Valérie Mairesse) parle au mur de sa cuisine. Elle fait le bilan d’une vie monotone, désespérante, la sienne. Elle ressasse ses déceptions, ses humiliations, sa solitude.
Depuis longtemps, Patrick, celui qu’elle avait épousé, est devenu « l’autre », exigeant et grincheux. Les illusions et les enfants se sont envolés, et elle est restée. Le tablier noué autour de la taille, elle prépare le dîner en buvant du rosé. Lui « carbure à la bière », coincé dans les habitudes, méprisant et autoritaire. Pour elle, le mariage « c’est comme le Moyen-Orient, y a pas de solution. » Elle trouve que le « sexe, c’est surfait, comme les Galeries Lafayette ». Elle a « envie de transgression. »
Alors, quand la voisine, Nicole, une divorcée féministe, lui offre de partager son voyage en Grèce, elle n’hésite pas longtemps. En bonne épouse, elle a prévu, des repas pour quinze jours, bien rangés dans le congélateur, et elle s’envole avec Nicole. Sa fille, choquée, la désapprouve mais la voisine sidérée de tant d’audace lui offre un déshabillé de soie.
Et naturellement, la Grèce va lui apprendre la liberté, la beauté, et l’amour. Nous ne dirons pas comment. L’épouse-servante fonctionnait « en mode automatique ». Elle sort de sa gangue, retrouve le sourire et se sent « vivante. »
Dans la mise en scène de Marie-Pascale Osterrrieth, le décor de Pierre-François Limbosch accentue les oppositions entre le réalisme étriqué d’une cuisine de banlieue (lyonnaise), et le rêve coloré et lumineux d’une île grecque.
Valérie Mairesse donne une âme à cette Solange désabusée qui peu à peu s’épanouit. Elle lui prête une sensualité enjouée, un sourire enjôleur, un regard charmeur qui donnent de l’espoir à toutes les autres femmes.
Photos : © LOT
Partie en Grèce de Willy Russell, adaptation de Catherine Marcangelli
Théâtre La Bruyère
Du mardi au samedi à 19 h
01 48 74 76 99
22:04 Écrit par Dadumas dans Blog, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : théâtre, théâtre la bruyère, valérie mairesse |
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Des poulets ? Non des coqs !
Alfonso Baron en blanc et Luciano Rosso en rouge, ne se parlent pas. Ils miment.
Que miment-ils? La rivalité ? L'émulation? L'entente ? Tout cela, et peut-être plus.
Car s'ils ne se parlent pas, ils entrent vite en compétition. Mis en scène par Hermes Gaido, ils s'observent, ils se jaugent, ils s'affrontent et leurs sens s’excitent. À force de libérer leurs énergies, celles de la libido jaillissent et s'élancent.
Ils font bouger leurs muscles, déboîtent leurs épaules, paradent. Ils dansent mais leur
"pas de deux" vire au match de catch. Ils s'apaisent, se séparent, et tandis qu'ils s'épongent, l'un écoute la radio (en direct nous dira-t-on), l’autre, l’œil vif guette ses faiblesses et le provoque comme un petit coq agressif. Ils s’étreignent. En Argentine, d'où ils viennent, le « Poyo rojo » est un "poulet rouge". Et le terme de "poulet", chez nous, paraît castrateur quand on voit ces deux coqs que le désir rattrape.
Cette "dialectique du jeu de la séduction" est parfaitement réglée et devient une chorégraphie épatante signée Luciano Rosso et Nicolas Poggi.
Le public se plaît à cette comédie sans parole, qui extravague, sort des scènes apprivoisées de nos théâtres et brave les clichés.
photos © Paola Evelina
Poyo Rojo
Spectacle présenté à Avignon 2015, leur tournée aboutit à Paris.
au Théâtre du Rond-Point
jusqu'au 15 octobre à 18 h 30
01 44 95 98 21
www.theatredurondpoint.fr
19:14 Écrit par Dadumas dans Blog, danse, humour, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : théâtre, teatro fisico, rond-point |
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