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29/06/2018

La Huchette à Avignon et en Off

 

 

 

  Image edito  

Tous les succès du Théâtre de la Huchette au festival OFF d'Avignon 2018 ! 

L'ÉCUME DES JOURS, LA POUPÉE SANGLANTE, LA PUTAIN DU DESSUS, LA PLUME DE GROUCHO, UN RAPPORT SUR LA BANALITÉ DE L'AMOUR, LE BAIN & LE VOYAGE À LA HAYE, autant de créations qui ont irradié la Huchette et qui partent à la conquête d'Avignon.

Venez découvrir ou redécouvrir tous ces spectacles !

L'été sera intense !

Si vous restez  à Paris cet été avec l'envie de vous détendre en musiques et en chansons, vous pouvez voir, ou revoir Théâtre de la Huchette
 
  •  COMÉDIENS !  de Samuel Sené, Eric Chantelauze et Raphaël Bancou, avec Marion Preïté, Fabian Richard, Cyril Romoli. Représentations du mardi au samedi à 21h et le samedi à 16 h -  jusqu’au 2 septembre. Ce spectacle vient d’obtenir 5 Trophées aux Trophées de la Comédie Musicale (Marion Preïté : trophée de la Révélation féminine ; Fabian Richard : trophée de l’artiste interprète masculin ; Samuel Sené : trophée de la Mise en Scène ;  Samuel Sené et Eric Chantelauze : trophée du Livret ; « Comédiens ! » : Trophée de la Comédie Musicale)

08/06/2018

Kabarett

 

 

Théâtre, théâtre de Poche, cabaret, musique, stéphene Druet, Marisa BerensonKabarett. Curieuse façon d’écrire « cabaret » penserez-vous.

– « Vous qui prônez partout l’usage de la langue française, vous voici germanisante ? » 

- Point du tout ! En français médiéval « tenir kabaret » apparaît dès le XIIIe siècle. Et connaissant un peu les directeurs du Poche-Montparnasse, cette orthographe a dû les réjouir. Quant à leurs spectateurs, ils en ont été… aux anges. Ange Bleu, évidemment !

Mais si le film de Sternberg situe son action en 1925, celle de Berlin Kabarett de Stephan Druet se situe un peu plus tard, au moment où, conséquence de la crise économique, le parti nazi passe de 3 % à 30%.

Dans le cabaret berlinois que dirige Kristen (Marisa Berenson), les musiciens sont juifs, communistes et homosexuels. Tout pour déplaire au petit moustachu qu’ils vont s’efforcer de combattre. Karl (Jacques Verzier ou Olivier Breitman) et Fritz (Stéphane Corbin ou Simon Legendre) tentent d’alerter du danger qui monte. En vain.

Stéphane Druet dit avoir été « élevé sans l’univers du cabaret », et si sa fascination pour le film de Bob Fosse, celui de Visconti (Les Damnés) et celui de Liliana Cavani (Portier de nuit) est avouée, disons-le tout net, son Kabarett est original, puissant et dérangeant. Sans doute la tragédie de Mary Marquet qui livra son fils à la Gestapo lui a-t-il inspiré ce portrait de mère monstrueuse qui dénonce son fils Viktor (Sebastiàn Galeota). Cependant la trame est neuve, ses propres textes sont si justes qu’ils se mêlent subtilement aux « morceaux d’anthologie » et qu’on les applaudit avec le même enthousiasme, comme les musiques de Stéphane Corbin associées à celles de Kurt Weill, Friedrich Hollaender, Fred Raymund, Dajos Bélia, Henri Christiné.

Ajoutez-y des costumes de Denis Evrard, des chorégraphies de Alma de Villalobos, des lumières de Christelle Toussine et l’atmosphère de décadence des tableaux d’Otto Dix et George Grosz. C’est troublant et on n’en sort pas indemne.

Marisa Berenson, que nous n’avions jamais vue sur scène, est l’impressionnante reine de la nuit et ses complices devenus victimes vont vous bouleverser.

Retenez vite votre table pour ce Kabarett.

 

 

 

 

Berlin Kabarett de Stéphane Druet

Théâtre de Poche-Montparnasse

Jusqu’au 15 juillet

Du jeudi au samedi à 21 h, dimanche 17 h 30

01 45 44 50 21 75

www.theatredepoche-montparnasse.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

30/03/2018

Il nous plaît bien !

 

 

Les « pastourelles » médiévales avec la musique, les travestissements, les cache-cache nocturnes et les décors champêtres, qui avaient plu dans le Jeu de Robin et Marion et Le Jeu de la Feuillée au XIIIe siècle, ont-elles influencé les premières comédies shakespeariennes ? Le Songe d’une nuit d’été, Peines d’amour perdues et Comme il vous plaira en conservent la trace. Shakespeare les rend plus païennes, y ajoute les bouffons qu’on n’appelle pas encore « clowns », et parle aussi de l’arbitraire du pouvoir. Elles continuent d’inspirer nos contemporains.

C’est avec une belle traduction de Jean-Michel Déprats que Christophe Rauck en propose aujourd’hui une nouvelle version. C’est « un montage » qui « met en valeur […] les joutes entre les deux couples d’amoureux que sont Orlando (Pierre-François Garel) et Rosalinde (Cécile Garcia Fogel) et Silvius (Pierre-Félix Gravière) et Phébé (Luanda Siqueira) » et le monologue de Jacques le mélancolique (John Arnold) :

« Le monde entier est un théâtre… »

que nous connaissons tous mais dont nous avions oublié l’origine.

théâtre,théâtre 71,shakespeare,christian rauck,jean-michel déprats,alain trétoutLe plateau est nu et lisse, mais, en découverte et sur les côtés, des toiles peintes figurent la forêt d’Arden (ou des Ardennes ?), étrange et brumeuse, peuplée de cerfs, de biches, de faons et de renards empaillés. Hommes et femmes bannis par un méchant duc (Jean-Claude Durand) y ont trouvé refuge ainsi que Jacques le mélancolique, un philosophe excentrique et misanthrope.

Rosalinde et Célia (Maud Le Grévellec), vêtues de robes bois de rose, semblables, mais pas identiques, se travestissent pour échapper aux persécutions. Le rouge est mis. Rouge brique pour la salopette de Rosalinde qui devient Ganymède, rouge vif pour la robe de sa cousine devenue Aliéna (Costumes de Coralie Sanvoisin).

Malicieux choix que ce prénom de Ganymède, le bel adolescent dont Zeus devint amoureux ! En ce temps-là, le gendrisme ne choquait personne ! Mais déjà les revendications féministes perçaient dans la comédie. Et on n’hésitait pas à ridiculiser les mâles paillards comme Pierre de Touche (Alain Trétout) et les vierges un peu rassises comme Audrey (Jean-François Lombard). Les vrais amoureux, Orlando et Silvius sont attendrissants, et justes, comme tous les comédiens.

Heureuse est l’option du metteur en scène qui parcourt en musique un répertoire anglais très éclectique, magnifiquement chanté.

Le spectateur va de surprise en surprise, et de sourire en rire. Comme il vous plaira lui plaît !

S’il suit le conseil de Shakespeare « : « Aimez ce qui vous fera plaisir. », tout ira pour le mieux dans notre monde impossible !

 

 

Photo: © Simon Gosselin 

 

 

Comme il vous plaira de William Shakespeare

Traduction de Jean-Michel Déprats

 

Théâtre 71 à Malakoff, jusqu’au 13 avril 

Mercredi, jeudi, samedi 19 h 30

Mardi, vendredi, 20 h 30

Dimanche, 16 h (sauf le 1er avril)

 

01 55 48 91 00

Bateau Feu à Dunkerque, les 17 et 18 avril,

Théâtre de Sénart, du 3 au 5 mai,

Maison de la Culture d’Amiens, les 15 et 16 mai.