26.06.2008

Prix Emmanuelle Marie

Le prix Emmanuelle Marie a été créé par les EAT (écrivains associés du théâtre) pour remercier les compagnies, les associations, les structures qui accomplissent un travail de diffusion du texte de théâtre, souvent dans des conditions difficiles, voire désespérantes, quand les débats culturels du jour s'orientent plutôt vers la télévision.

Luttant contre les marées de la médiocrité et le vent du conformisme, certains utopistes continuent le combat, s'attachant à entretenir, comme le disait Vaclav Havel "le foyer spirituel de la communauté humaine."

3ce8c21b0505df65fa280e847c949dd5.jpgEn 2008, le prix a été attribué à l'Association Orphéon, compagnie Orphéon Théâtre intérieur, Bibliothèque de Théâtre Armand Gatti à Cuers (83).

Les auteurs de Théâtre remercient le travail acharné de la compagnie Orphéon et saluent leurs lecteurs...

Pour le théâtre et le meilleur : auteurs et lecteurs unis...

15.03.2008

Vengeances ou grandes manœuvres ?

Vengeances 

     L’œuvre dramatique d’Hanokh Levin est immense et la mise en scène des Marchands de caoutchouc (1996) par Jacques Nichet, avait permis de la découvrir. Il existe une cinquantaine de pièces sur lesquelles les dramaturges pourront encore aiguiser leur esprit*. Nous avions vu, en décembre dernier Une laborieuse entreprise aux Athévains et nous en avions apprécié l’humour

     Aujourd’hui, on donne, au Studio de la Comédie-Française, Douce Vengeance et autres sketches, textes écrits pour le cabaret. Ces formes courtes conviennent au Studio, et les personnages leviniens, perdus dans leurs mesquineries quotidiennes exhibent sans vergogne leurs vengeances inutiles. Les êtres humains de Levin accumulent tant de maladresses qu’il est impossible de les haïr et qu’il vaut mieux en rire.

     Galin Stoev, le metteur en scène les imagine au travail, et multiplie les accessoires d’un bureau moderne. La profusion technologique de la scénographie (signée Saskia Louwaard et Katrijn Baeten) semble nuire à la fluidité de l’ensemble. On aimerait plus de rapidité, plus de légèreté dans ces tranches de vie.

     Mais ne boudons pas la tranche qu’on se paye en voyant Claude Mathieu, Loïc Corbery, Serge Bagdassarian, Adrien Gamba-Gontard, Judith Chemla, tour à tour grands benêts, frustrés timides, petites godiches, ignorants péremptoires et ratés honteux. Au cours d’un véritable marathon, ils montrent sans faiblir, dans une transe joyeuse, comment la cruauté, l’ignorance, la vulgarité, transforment la société des hommes en monde humiliant et injuste. On ne louera jamais assez le mérite des comédiens français.

     Et profitons-en pour les soutenir quand leur réputation est attaquée.

Grandes manœuvres ?

      Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, dans une « lettre ouverte »«, vient de répondre à un article du Figaro. Il est blessé, douloureux, et on le comprend. Cependant, attaquer la Comédie-Française dans sa programmation, et donc dans celui (ou celle) qui la dirige, n’est pas nouveau. Dès la nomination de Muriel Mayette, rumeurs et critiques ont tenté d’abattre sa jeune détermination. Mais doit-on reprocher à celle qui fut nommée par le pouvoir en place, la muflerie avec laquelle Marcel Bozonnet et Jean-Pierre Jourdain furent « remerciés » ? En grossièreté, on a fait mieux depuis.

     Il y a toujours eu des spectacles réussis et des succès contestés, il y eut de tout temps, des détestations injustes. Jean-Pierre Vincent, Antoine Vitez et Jacques Lassalle, pour grande que fût leur renommée, ne firent pas l’unanimité et des cabales honteuses ne les épargnèrent pas. Un certain milieu théâtral préfère des administrateurs qui font ronronner la maison dans une quiétude béate, mais, voyez comme les gens sont méchants, même du temps d’iceux, il y eut des couacs.

     On voit souvent, à l’Opéra, de ces remous dès qu’une nouvelle mise en scène dérange les certitudes des abonnés. Ils protestent avec véhémence et conspuent le chef d’orchestre ou le metteur en scène qui prend la liberté de modifier leur point de vue sur l’œuvre.

     Il me souvient au Français, d’une mise en scène de Tartuffe où mon voisin s’indigna avec violence quand Michel Etcheverry parut, dans le rôle de l’Exempt, avec la perruque de Louis XIV. Quel scandale en effet ! De quoi monter à l’assaut ! Le fanatique Tartuffe l’avait laissé de marbre, mais la référence politique le hérissait…

    Politique ? Oui, c’était l’aspect politique de la pièce qui choquait, comme aujourd’hui dérangent les choix de la Comédie-Française. Il ne faudrait pas se tromper de cible. Peut-être devrait-on se demander ce que dissimule de manière récurrente, les critiques venimeuses contre la Culture quand on demande d’en quantifier les résultats ? Vengeances ou grandes manœuvres ?

     Depuis la nomination de Muriel Mayette, la Comédie-Française s’ouvre plus largement aux auteurs contemporains et au monde (mondialité mais pas mondialisation). Elle bouillonne d’inventions. Entre les trois salles, Richelieu, le Vieux-Colombier, le Studio, entre le répertoire et les découvertes, les hommages aux comédiens, les portraits, cartes blanches, lectures, débats, cours magistraux, jamais la Maison n’a autant créé, n’a autant bourdonné, méritant à juste titre les abeilles de son blason.

     À l’heure de la marchandisation, de la starisation, on voudrait sans doute que la Maison de Molière s’ouvre au second marché ? Que des actions de la société de comédiens soient cotées en bourse ? Mais l’essentiel de l’art dramatique n’est-il pas de donner aux hommes le goût de vivre ensemble, de se parler et de retisser l’étoffe de leurs rêves ?

     Tout n’est pas réussi ? Et alors ? Vous savez bien que seul, Dieu est parfait. Et encore, si on consulte les hommes, aucun n’est satisfait.

* Les œuvres d’Hanokh Levin sont publiées aux éditions Théâtrales 

     Douce vengeances et autres sketches d’Hanokh Levin

    Au Studio-théâtre de la Comédie-Française à 18 h 30

     01 44 58 98 58

08.03.2008

Un monde sans fin

     Nous avions déjà rendu compte de Juste la fin du monde  la pièce de Jean-Luc Lagarce (Novembre 2007). La Comédie-Française vient de l’inscrire à son répertoire. C’est une consécration, et une consécration juste, parce que cette pièce nous touche au plus profond de l'intime, non seulement ici et maintenant, mais ailleurs et dans tous les temps. Il y est question de la mort et des liens familiaux.

      Juste la fin du monde, rappelons-le, est, avant Le Pays lointain, une histoire largement autobiographique. Louis, revient dans sa famille pour lui annoncer qu’il va mourir. Mais il repartira sans rien dire. Il l'avait quittée « pour faire ce qu'il avait à faire ».  Pendant ses années d’absence, il s'est contenté d'envoyer des cartes postales, de « petits mots », des « phrases elliptiques ». On ne peut pas lui « reprocher (son) absence ». Il n'a jamais oublié « les dates essentielles de (leurs) vies ». Eux, de leur côté ont donné son prénom au fils de son frère.

     Les vivants sont tous là : la mère (Catherine Ferran), Suzanne, la petite sœur (Julie Sicard), le benjamin, Antoine (Laurent Stocker) et son épouse Catherine (Elsa Lepoivre). Ils attendent Louis (Pierre Louis Calixte) avec ferveur et anxiété. Ils se doutent bien qu'il a « une nouvelle importante » à leur dire. Mais puisqu'il dit « je vais bien », ils ne l'interrogeront pas plus avant. Pourtant, Antoine soupçonne : « j'espère qu'il ne t'arrive rien de mal », parce qu'il sait que « si tu avais mal, tu ne le dirais pas », parce « le malheur est sur ton visage ».
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(photo Brigitte Enguérand ; Louis (Pierre Louis Calixte) et Antoine (Laurent Stocker).

Ils se connaissent bien, et leur pudeur, leur respect, est une preuve d'amour. Mais ils sont maladroits. Louis, voudrait croire, comme le roi de Ionesco que "le reste du monde disparaîtra avec" lui. Mais ce monde est sans fin, et il voudrait juste ne pas être trop seul.

     Michel Raskine met en scène avec une intelligence inouïe. Comment dire l'intime dans un théâtre à l'italienne ? Comment passer des souvenirs confus de chacun à la précision d'une vérité fluctuante ? Car la vie palpite dans le verbe de Jean-Luc Lagarce. Toute parole dit le frémissement de l'âme avec les balbutiements de la pensée. Chacun énonce, bute sur les mots, cherche l'expression juste, se trompe, et, dans les errements, trace des cercles ondoyants qui enveloppent les êtres de tendresse et de cruauté. Jamais un personnage n'est stable, pris dans le flux et le reflux de situations mouvantes dont il s'arrache et où il glisse de nouveau.

     Michel Raskine a donc cherché à modifier la vision du spectateur, à l'inclure dans ce mouvement perpétuel. Il y réussit en restructurant l'espace. Il neutralise les six premiers rangs d'orchestre en y dressant un tréteau central, comme une langue qui pénètre dans le public. On pense au long tréteau sur lequel Vitez avait fait jouer Faust, Britannicus, et Tombeau pour cinq cent mille soldats. Cette estrade est une voie de circulation entre l'intime du spectateur et l'exhibition de l'acteur. Le spectateur devient le confident du comédien. Il est impliqué dans l'action. Le proscénium est scène. Le décor de Stéphane Mathieu, construit un praticable à jardin où chacun trouve une chaise à son nom, comme sur un tournage de film. On a entassé à cour, des chaises houssées, une télé, un poste de radio qui voisinent avec un portrait de Kafka : c'est le domaine de Suzanne qui voudrait bien quitter la maison familiale et s'embarrasse de ses souvenirs. La scène proprement dite, masquée par le rideau de velours rouge, ne s'ouvrira qu'au départ de Louis, à sa mort annoncée.

     Du prologue sur le tréteau à l'épilogue du deuil sur la scène, le chemin parcouru inscrit sa trajectoire de la vie à la mort. Et c'est superbe. Grâce à cette architecture, l'univers lagarcien se dessine avec les oscillations des personnages, la progression de leurs sentiments, les pulsations qui les tourmentent. Les lumières de Julien Louisgrand les accompagnent : douche de lumière sur celui qui monologue, poursuite quand les dialogues deviennent disputes, que les sorties se font par la salle, pleins feux sur la salle quand « la fin » de Louis est acquise et qu'il revient pour raconter « encore ». Chaque éclairage cerne le moment qui correspond à un état d'âme. Laurent Ménard cale les intensités au son de l'harmonium  et ponctue chaque séquence d'un bruit de couperet. La réussite est flagrante.

     Pierre-Louis Calixte impose un Louis ironique et fragile. Il a la jeunesse et la la fragilité du personnage. Il sait passer du sourire narquois aux larmes contenues. Il « triche » avec élégance. Il a le maintien de celui qui se surveille et l'attention d'un fils aimant, d'un frère circonspect. Il est parfait. Laurent Stocker en « mauvais caractère », donne à son personnage irritable et jaloux la justesse du frère rongé d'inquiétude. Julie Sicard est un petit chat sauvage, nerveux, agile, impétueux et câlin, on ne peut plus imaginer Suzanne sans penser à elle. Catherine Ferran joue la mère avec une dignité douloureuse.  Elle est  l'admirable et puissant rocher qui maintient la famille, et pour laquelle chacun s'efforce de paraître meilleur. Quant à Elsa Lepoivre, qui est Catherine la bru, la femme d'Antoine, on voit tout de suite, à son allure, à son sourire, qu'elle est une pièce rapportée. Elle ne s'emporte pas comme Suzanne, et dans le moment où ils la laissent seule, elle sourit de leurs colères. Faisant diversion, elle chantonne « une chanson douce », puis se laisse aller un instant à monter la voix pour extérioriser un énervement passager. Sereine parmi les teigneux, lumineuse parmi les ténébreux, elle est impériale.

La troupe d'aujourd'hui rayonne de tous ses talents.

 


Juste la fin du monde de jean-Luc Lagarce

Comédie-Française, salle Richelieu

jusqu'au 1er juillet

0825 10 16 80

18.02.2008

Morale

« Permettez-moi de vous le dire, la vraie morale, la grande morale, la morale éternelle, c’est la morale sans épithète.  [...] C’est la vieille morale des philosophes, de Socrate, d’Aristote, la morale éternelle, comme l’âme humaine elle-même. »

Jules Ferry  (1879)

 

 

07.02.2008

Sortir de sa coquille

Dans sa coquille une poulette

Voulait devenir un’ vedette.

Dans son œuf, un doux coquelet,

Satisfait du chaud poulailler,

Rêvait de rester en couveuse,

Et pour lui, une vie heureuse

Se vivait entre des parents

Qui voudraient le garder enfant.

5431c1c2ea1b6bb357d65e5855f004ec.jpgMais il faut que les œufs éclosent,

Pour que coule le cours des choses.

Que l'on soit coq, garçon ou fille,

Il faut sortir de sa coquille.

Il faut que les enfants grandissent,

Et qu’au printemps les prés verdissent.

Stéphanie Tesson est l’auteur

Que l’on revoit avec bonheur.

Avec folie et cohérence,

Elle sait fair' parler l’enfance.

Rostand écrivit Chantecler,

Pour adultes qui aimaient les vers.

Aujourd’hui ces bien tristes sires

Ont perdu le goût du bien dire.

Mais le rêve et la poésie,

Nous sont restés chez Stéphanie.

Sous des vers octosyllabiques,

Oeufs et dindon jouent leurs répliques.

Benjamin Brouck est le poussin

Bavard, charmant, un peu coquin.e68aab47181cbc422bc716becef1d4aa.jpg

Larrigaldie, prénom Céline,

Qu’un brin de folie illumine

Poupette et poulette à la fois

C’est Oeuforie qui donne joie.

Quant au Dindon, merveilleux choc !

Bruiteur et comédien, c’est Brock.

Les animaux de basse-cour,

Par sa voix magique, toujours

Entourent O et Oeuforie

Dans À nous d’œufs la comédie

Où il faut courir aujourd’hui.

.

À nous d’œufs de Stéphanie Tesson

Metteur en Scène : Stéphanie Tesson

6c8ff0255ab375de2d73d4c751eeba7b.jpgMarionnettes, accessoires et peinture : Marguerite Danguy des Déserts

Costumes : Angéla Séraline et Dorota Kleszcz-Ronsiaux

 

Le texte est édité par L'Avant-Scène Théâtre N°1237

Dans la même collection, on peut lire avec profit :

Chantecler d'Edmond Rostand N°959

et Petit coq et le maïs bleu de Jean-Louis Bauer N°1083

Théâtre du Jardin au Jardin d'Acclimatation

75116 Paris  Plan d'accès
Réservations : 01 40 67 98 07

Du 06/02/08 au 09/03/08 à 14:30 : Mercredi
Du 06/02/08 au 09/03/08 à 15:30 : Dimanche
Du 26/02/08 au 06/03/08 à 14:30 : Mardi, Jeudi

03.01.2008

Hugo et Voltaire

LE FESTIVAL INTERNATIONAL VICTOR HUGO ET ÉGAUX présente en 2008  Hugo et Voltaire

 

Créé à l’initiative de la Société des amis de Victor Hugo, le Festival  international Victor Hugo et Égaux , lancé avec succès en 2007, se poursuivra du 1er février au 1er mars 2008 avec un programme très riche en événements, qui, parallèlement à Hugo,  célèbrera, cette année, Voltaire.

Fort de nouveaux partenariats prestigieux noués notamment avec le Palais des Arts de Valencia en Espagne et la Fondation L’Hermitage en Suisse, le festival se développe sur le plan international.  Les passionnés de Hugo pourront en effet entendre à Valencia l’opéra de David Alagna d’après Le Dernier Jour d’un condamné (avec Roberto Alagna et Angela Gheorghiu dans les rôles principaux) et admirer à Lausanne les dessins de Hugo. À Londres, s’ils ont la chance d’y être invités, c’est dans le cadre enchanteur de la Wallace Collection qu’ils pourront assister à un concert d’airs d’opéras ou de comédies musicales inspirés de ses pièces et de ses romans. 

En Île-de-France, Paris (la Maison de Victor Hugo, place des Vosges, l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, le Théâtre Darius-Milhaud, le Vingtième-Théâtre, etc.)  et Créteil (le Centre socioculturel Madeleine-Rebérioux) continueront à être les villes pilotes du festival, proposant de nombreuses manifestations hugoliennes et voltairiennes.  On pourra, par exemple, à Créteil puis au Théâtre Darius-Milhaud de Paris,  aller découvrir en création une comédie de Danièle Gasiglia, mise en scène par Vincent Auvet, « Moi, j’avais son amour… » ,  évocation très dynamique de moments forts de la relation entre Hugo (interprété par Michel Miramont) et celle qui lui sauva la vie lors du coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte,  Juliette Drouet (incarnée par Laurence Colussi). 

Au Centre Censier de l’Université Paris 3 se jouera une comédie savoureuse et très méconnue de Voltaire, Les Originaux, mise en scène par Didier Moine, et seront projetées de précieuses archives INA, parmi lesquelles une adaptation de  Zadig avec, dans le rôle titre, un  débutant nommé Gérard Depardieu et, dans la distribution, le jeune Pierre Arditi  que l’on retrouvera aussi dans une captation de Marie Tudor

Y sera présenté aussi le travail sur Le Théâtre en liberté d’un atelier d’acteurs de l’ANPE Spectacles et d’étudiants de Paris 3. Jean-Paul Zennacker qui en assumera la direction artistique fera entendre par ailleurs les dimensions ironique et politique de la poésie de Hugo. On se promènera  dans Paris sur les pas de Voltaire et de Victor Hugo, sous la conduite de Pierre Leufflen et d’Arnaud Laster. 

Deux cours d’interprétation du grand baryton François Le Roux  seront ouverts au public. La Péniche-Opéra accueillera le second ainsi qu’un récital de la soprano Françoise Masset, accompagnée par Françoise Tillard, consacré aux Orientales de Hugo mises en musique.  

 Les régions ne seront pas en reste avec, en Haute-Normandie, le premier Salon du livre Victor Hugo au Musée de Villequier, et un riche prolongement du festival en Région-Centre.

 Contact : festival.hugo-egaux@laposte.net 

ou 06  08 97 13 60.

01.01.2008

Meilleurs voeux

Après tout ce que certains vous ont promis, vous devez être saturés…

Mais vous n’échapperez pas à mes vœux…

Je vous souhaite une année 2008 pleine de... promesses tenues. C’est déjà le bonheur, non ?

25.09.2007

Un drôle d’oiseau

Annie écrit des livres (Cristiana Reali). Jacques (Vincent Elbaz) les signe parce qu’elle « ne supporte pas le regard des autres sur elle », depuis qu’elle a été violée. Elle s’automédicamente aux amphétamines, ce qui est très mauvais pour la santé, tout le monde vous le confirmera. Il veut la désintoxiquer et la prive de son fournisseur habituel, Jeff (Ariel Wizman). Elle se suicide. Il publie ses œuvres complètes en leur rendant le nom du véritable auteur, car il faut que la justice et le bon droit triomphent à la fin .

Autour du couple, José Paul joue le critique ironique, Jean-Paul Muel l’éditeur dépassé par les dettes, Stéphane Boucher l’autre éditeur requin, et  sa fidèle collaboratrice Bénédicte Dessombs. La mise en scène de John Malkovich est fluide, les décors de François Limbosch amusants, les effets spéciaux de Christophe Grelié,  intéressants. Tout cela est très bien, mais sans surprise...

On nous prévient d’entrée, par projection interposée, que le canari est l’oiseau que les mineurs utilisaient pour déceler les gaz toxiques. Dans un boyau, si le canari mourait, il fallait évacuer.  L’oiseau était un repère, son décès un signal d’alerte. Pauvre bête ! Système cruel, mais efficace pour l'homme. Le petit oiseau qui se débat avec la vilaine société, on sait bien qu'il va mourir, que les hommes sont des rapaces...

D’où vient que Good Canary garde son titre anglais ? Mystère ! Car enfin canary  est « un canari », et good  peut se traduire par « bon » en français. En variant la nuance. Ainsi « bon » dans un bon lit signifie « satisfaisant », il peut aussi signifier « efficace » dans un bon remède, « sage » dans un bon conseil, « exact » dans le compte est bon, « apte » » dans bon pour le service, « agréable » dans un bon bain, « heureux » dans bon anniversaire, « drôle » dans un bon mot, « intense » dans un bon rhume, « gros » dans un bon vivant, etc. nous en passons, le Robert en  répertorie de meilleurs.

 

Alors ? Un bon canari ? Un canari efficace ? Un brave canari ? Drôle d'oiseau pour le théâtre !

Mais n’y-a-t-il pas un pékin pour défendre la langue française ?

 

 

 

 

  Un bon Canari  De Zach Helm

 

Adaptation de Lulu et Michael Sadler

 Théâtre Comedia

01 42 38 22 22

 

30.06.2007

La guerre sépare ceux qui s'aiment...

Vous êtes resté à Paris ce ouikende ? Ça tombe bien, il y a un excellent spectacle à découvrir. La compagnie Les Mistons a planté son décor dans la salle des fêtes de la Mairie du vie. Pour deux jours seulement. Pas de temps à perdre, allez applaudir Il y a longtemps que je t'aime.

Didier Moine, a adapté et mis en scène un texte de Patrick Dray. L’auteur, qui est aussi musicien y joue le rôle d’un compositeur mobilisé sur le front pendant la guerre de 1914. Chez lui, l’attendent sa femme Lucie (Sabine Héraud) et leurs deux petites filles, des jumelles. Il pensait revenir très vite, la guerre s’enlise dans les tranchées. Elle ne comprend pas. Il croyait faire une guerre « juste et loyale », il découvre la barbarie. Elle ne saisit rien du vocabulaire militaire. « Ma pensée s’égare » écrit-il, elle déraille jusqu’à sombrer de la mélancolie à la folie et à la mort. La guerre sépare ceux qui s'aiment...9371cff5cd18dbcd8b1127229c347f74.jpgÀ jardin, Didier Moine, réserve l’espace de la femme. Chaises de jardin, écran de toile blanche transparente, Lucie, en robe blanche, déambule, frêle silhouette, femme-enfant fragile et naïve qui croit qu’il suffit de répéter : « Rentre ! », pour que la vie insouciante d’avant puisse recommencer. Lui, bourru, engoncé dans son uniforme bleu horizon, chaussé de godillots se déplace lentement, à cour,  de la « tranchée » au piano. La musique qu’il joue remplace ce qu’il ne peut dire, accompagne ce qu’elle dit, ou chante. La voix est pure, douce, à travers les chansons folkloriques : Malbrough s’en va-t-en guerre »,  « J’ai descendu dans mon jardin », Les Chevaliers du guet, « Mon ami me délaisse », sa vision puérile des événements se décale progressivement de la mélodie, mais n’entre jamais en cacophonie.

Didier Moine a dirigé ses acteurs avec sobriété et intelligence. Les grandes douleurs ne sont pas muettes, celle-ci est pudique et poignante.

Il y a longtemps que je t’aime de Patrick Dray

Salle des fêtes de la Mairie du VIe

Samedi 30 juin à 20 h 30

Dimanche 1er juillet à 17 h

26.06.2007

Prix Emmanuelle Marie

 
D’habitude, « ce sont les lecteurs qui distinguent un auteur » dit Jean-Paul Alègre, Président des EAT
(Écrivains Associés du Théâtre), depuis le lundi 25 juin, ce sont les auteurs qui honorent leurs lecteurs les plus actifs et offrent « Cent livres de théâtre » à ceux qui ont mis le texte de théâtre, le livre de théâtre, à l’honneur.f0365de1c28e8accea65f42951d41361.jpg

Il n’y a qu’un gagnant : la bibliothèque intercommunale de Castelnaudary.

Mais il y a une mention spéciale pour l’U. F. R. des arts du spectacle de Strasbourg et des nominations : le Théâtre du Pélican, le Théâtre des Quatre-Saisons, le Ring.

Louise Doutreligne et Jean-Paul Alègre ont appelé  ce « Prix des Cent Livres » : Prix Emmanuelle Marie

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en hommage à la jeune auteure, disparue récemment, qui avait tant œuvré pour la diffusion des spectacles vivants.

C’est justice. Merci pour cette iniative généreuse...

EAT 2 bis, avenue Franklin-Roosevelt 75008 Paris www.eatheatre.com

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