24.11.2009

À lire (3)

 

 

Boudet Micheline, Passion Théâtre, raconte ses souvenirs… de théâtre, évidemment.

Elle débute à dix ans dans Bolívar de Jules Supervielle. Le petit rat de l’Opéra qu’elle était, faisait le négrillon sur la scène de la Comédie-Française où triomphait Marie Bell.

C’est l’occasion pour Micheline Boudet de nous parler de la grande tragédienne, et, de relations en amitiés, d’un demi-siècle de théâtre français.

Comédiens, auteurs, metteurs en scène, pas de petits rôles pour la comédienne dont la plume esquisse les portraits.

Sur scène et en coulisses, la « passion théâtre » de Micheline Boudet s’amuse gentiment des « petits secrets et grandes manœuvres », de ceux qui partagèrent ses jours à la Comédie-Française et ailleurs.

 

Editions Robert Laffont, prix : 18 €

14.11.2009

À lire (2)

 

 

 

Daniel BesnehardVaches noires et Arromanches.

Ces deux pièces, écrites à vingt-cinq ans d’intervalle, disent avec une grande pudeur et une sensibilité délicate, toute l’ambivalence des relations entre les enfants et leurs parents, quand ces derniers deviennent fragiles, tourmentés par l’âge, la solitude, la maladie.

Qu’il nous peigne les rapports avec la fille, dans Arromanches, ou avec le fils, dans Vaches noires,  l’auteur excelle à rendre ce curieux mélange d’amour et d’hostilité, de tendre haine et de colère apaisée, que suscite la figure de la Mère. Dans l’un, la fille, devenue professeur, affronte les reproches d’une mère restée paysanne. Dans l’autre, le fils, qui assume son homosexualité, empoigne les préjugés de son éducation.

Deux histoires palpitantes de vraie vie.

 

Editions Julliard, 12 €

 

13.09.2009

À lire

 Deux comédies

 

En janvier dernier, Frédéric Sabrou, avec Diète Party, donnait une comédie satirique mettant en scène quatre employés qui se torturaient pendant leur semaine de vacances, afin de mincir. Vous pouvez maintenant trouver le texte, avec celui des Sœurs Pots-de-fleurs, l’histoire de deux vieilles filles maniaques que des imprévus bousculent.

Fréquence Théâtre n°44, 10 €

 

Un drôle d’abécédaire

 

Yves Geffroy est un philosophe, et l’observation de ses semblables l’a conduit à écrire des cènes dramatiques. Avec pour cadre le restaurant, en vingt-six tableaux, comme les vingt-six lettes d’un drôle d’alphabet, l’auteur nous présente L’Abécédaire du restaurant, des saynètes à jouer à deux, à trois, à quatre. On y parle des goûts et des dégoûts, de tout et de rien, comme dans la vraie vie…

Fréquence Théâtre n°43, 10 €

 

Fréquence Théâtre  est édité par

éditions de La Traverse

2 rue François Guisol-06300 Nice

 

 

08.06.2009

Livres (5)

 

 

Corrida de Denis Baronnet

Robino, tueur aux abattoirs, se rêve matador ? Kraxi, le torero bulgare cherche les arènes. À eux deux, ils vont réinventer la corrida… Un rêve fou, où le taureau est remplacé par un rhinocéros dans une nuit foutraque…

Hilarant et grinçant à la fois.

Actes Sud-Papiers, 11 €

 

Miniatures théoriques de Georges Banu

Plus de mémoires et d’analyses que de théories, car le mot « théoriques », serait plutôt employé dans le sens de la collection de souvenirs…

George Banu tente de cristalliser les éléments qui organisent le paysage théâtral aujourd’hui. Il y réussit.

 

Actes Sud, 22€

28.04.2009

Bientôt le Grand Prix !

 

 

En 2005, était créé le Grand Prix de littérature dramatique, organisée par ANETH (Aux Nouvelles Ecritures Dramatiques). Les parrains ont imaginé qu’ils redonneraient au texte de théâtre sa place dans la littérature, que ce Grand Prix serait le « Goncourt du Théâtre ».

Car, si les grands textes de théâtre classique sont étudiés chaque année, s’ils construisent notre patrimoine culturel, si les personnages sortis de l’imagination des poètes, servent de références aux psychanalystes, pour certains de nos concitoyens, le théâtre reste un monde méconnu.

Le Grand Prix de littérature dramatique réaffirme que la langue de théâtre passe toujours par l'écrit, et que l’on peut lire, aimer, juger une pièce en amont ou en aval d'un spectacle.

Pour la cinquième édition de  ce Grand prix, vingt-huit éditeurs ont présenté quatre-vingt une pièces.

Elles sont sélectionnées en trois tours, lues par douze écrivains qui forment le Jury : Elisabeth Mazev, Arnaud Cathrine, Rémi De Vos, Koffi Kwahulé, Véronique Olmi, Jean-Pierre Siméon, Karin Serres, Christina Mirjol, Christine Reverho, Claudine Galea, Frédéric Vossier. Daniel Besnehard, est  le Président du Jury.

Aujourd'hui, à l’issue du deuxième tour, cinq pièces  restent en compétition :

La Petite Pièce en haut de l’escalier de Carole Fréchette (éditions Actes-Sud Papiers), Encore un jour sans de Samuel Gallet (éditions espaces 34), La Conférence de Christophe Pellet (L’Arche éditeur), Les Arrangements de Pauline Sales (Les Solitaires intempestifs) et Couteau de nuit* de Nadia Xerri-L. (éditions Actes-Sud Papiers).

Le dernier tour aura lieu fin mai.

Le lauréat se verra remettre son prix le 2 juin, à 18h30, par le Président du Jury, Daniel Besnehard, lors d'une cérémonie qui sera présentée au Théâtre des Abbesses.

Alors, si vous voulez rencontrer le Molière d’aujourd’hui, réservez votre soirée…

 

 

* Note critique du 07.11.2008

10.03.2009

Livres (3)

 

 

Pénélope, Ô Pénélope de Simon Abkarian, raconte l’histoire de Dinah, une femme dont le mari Elias, n’est pas revenu de la guerre. Elle est seule avec son fils Theos. Ante, le potentat local la poursuit de ses assiduités et menace de tuer son fils.

Sur le thème antique, Simon Abkarian construit une tragédie moderne, dans cette Europe où les guerres fratricides n’ont pas cessé.

La rémanence des souvenirs heureux donnera-t-elle suffisamment d’espoir pour que s’achève le cycle de la vengeance ? Pour que cessent enfin les désirs meurtriers ? Simon Abkarian imagine une figure de femme singulière et inattendue.

 

 

Pénélope, Ô Pénélope de Simon Abkarian

Actes Sud-Papiers, 13 €

avec le soutien de la SACD

31.01.2009

Livres (suite)

 

 

Les arbres de Ville-Évrard lorsqu’ils deviennent passage des cigognes dans le ciel d’Armand Gatti est un poème fleuve qui serpente et divague du ciel à la terre, de l’hôpital où furent internés Camille Claudel et Antonin Artaud, de la banlieue à la forêt de Berbeyrolle, de La Turbie aux bouleaux d’Auschwitz avec trente cinq « stagiaires » de quatorze pays différents.

« Un arbre peut-il se dire autrement que dans le cosmos ? » demande Gatti.

Comme Gatti, éternel révolté qui apostrophe le ciel, à quatre-vingt-cinq ans, l’homme, lui ressemble dans « sa vérticalité insurrectionnelle ».

 

 

 

 

 

Les arbres de Ville-Évrard d’Armand Gatti

Publié avec le concours du C. N. L.

Editions Verdier, 14 €

07.01.2009

Fréquence Théâtre

 

C’est une revue publiant des pièces de théâtre.

Le N° 41 propose deux pièces de Patricia Levrey : Quand la Chine s’éveillera et À cloche-pied deux comédies au rythme effréné, rebondissement en cascades, et personnages déjantés.

On ne s’ennuie pas dans le théâtre de Patricia Levrey, on en oublierait presque de respirer. Pas de temps mort, des situations inattendues et de l’humour sans vulgarité. Les femmes y ont de beaux rôles, dynamiques et volontaires, et les hommes, même les durs à cuire, les blasés, ne peuvent pas leur résister.

Un bon remède contre la sinistrose.

À lire et monter entre amis…

 

 

Editions de la Traverse

Prix : 10 €

27.11.2008

L'île de Vénus

 Vivre à deux est déjà difficile, mais quand il s'agit de vivre à deux sur une île déserte, alors que personne ne vous a présentés, cela relève de l'utopie... Cette gageure, Gilles Costaz l'a tentée dans une délicieuse comédie: L'île de Vénus. Avec humour, avec tendresse, ses personnages font le lent apprentissage du couple. Un marivaudage contemporain...

De quoi tenter les blasés, les sceptiques. Et les curieux.

 

 

 

 

L'île de Vénus de Gilles Costaz

éditions Oeil du Prince, 12 €

 

13.10.2008

La gloire des Misérables

« Avez-vous lu Victor Hugo ? » demandait Aragon en 1952.

Aujourd’hui, l’exposition Les Misérables un roman inconnu ? nous pose la même question.

Oui, nous avons souvenir des épisodes principaux, véritables morceaux d’anthologie, mais souvent connus, grâce aux séquences cinématographiques qu’ils ont inspirés. Jean Valjean face à Monseigneur Myriel, Javert.jpgJavert face à Valjean, Valjean jurant à Fantine d’aller chercher Cosette. Cosette puisant de l'eau, cosette bayard.jpget Cosette face à sa poupée… Mais quelle poupée ? Celle du film de Raymond Bernard ou de Billie August ? Et Gavroche ? Et Marius, Thénardier, Éponine, une foule de personnages entoure les protagonistes, l’Histoire les a modelés, et Hugo les inscrit dans ce XIXe siècle qui va faire de lui un homme universel.

 

 

Javert (Charles Vanel)

photo Studio Pathé Natan

Photographie du film de Raymond Bernard, Les Misérables, 1933

Paris, Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

© Pathé Production

Emile Bayard (1837-1892)

Cosette

                                                                                                                                                                                           Fusain et pastel, 44,5 x 27

                                             Paris, Maison de Victor Hugo, MVHP-D-349

                                                                              © Maison de Victor Hugo /Roger-Viollet

Les Misérables, oui, nous connaissons le roman. Mais quand Francis Huster donne sur scène un extrait de « Waterloo », peu de spectateurs reconnaissent un chapitre des Misérables. Donnerait-on un jour le dialogue de Mgr Myriel et du Conventionnel, que beaucoup le découvriraient.

 

 La splendide exposition de la Maison Victor Hugo, décrit aussi bien les étapes de l’écriture du roman, que les thèmes qu’il traite, avec quatre axes principaux : la rédemption, la misère, l’amour, l’Histoire. Le cinquième, Paris, est l’objet d’une seconde exposition, Paris au temps des Misérables, au

musée Carnavalet tout proche. L'éléphant de la Bastille n'était pas une invention romanesque.elephant de Bastille.jpg

Manuscrits, dessins, mais aussi peintures, sculptures, documents divers montrent la profondeur du roman, son influence sur les arts, les mœurs et les lois, son extraordinaire rayonnement à travers le monde. Cee n'est pas seulement une redécouverte, c'est la gloire des Misérables.

Arnaud Laster avait déjà, par ses recherches et ses publications, recensé plus de quarante adaptations filmées de l’œuvre. C’est un bonheur de revoir ici, des extraits des principales.

Des photographies contemporaines montrent que la misère, hélas est toujours un fléau, et que le combat du Bien contre le Mal n’est jamais terminé.

 

 

 

Gustave Brion (1824-1877)

L’éléphant de la Bastille

Illustration pour les Misérables

Gravure sur bois

Paris, Maison de Victor Hugo

© Maison de Victor Hugo /Roger-Viollet

 

 

 

 

 

 

Maison de Victor Hugo

6 place des Vosges

Musée Carnavalet

23, rue de Sévigné

fermé le lundi.

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