24.12.2006
Relâche...
Trêve des confiseurs. Terminez bien l'année, prenez de bonnes résolutions pour commencer la nouvelle, que je vous souhaite heureuse.
A bientôt.
Et merci de votre fidélité.
09:48 Publié dans Blog, exposition, langue, Livre, Théâtre, Voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
23.12.2006
Irène la Sirène
Hans Christian Andersen ignorait les fins obligatoirement heureuses des contes de fées traditionnels. "La petite fille aux allumettes" meurt le soir de Noël, et le "stoïque petit soldat de plomb" fond dans le foyer du poêle tandis que sa danseuse se consume. La Petite Sirène n’échappe pas à la mélancolie des amours malheureuses qui font pleurer les petites filles. Catherine Anne en donne une merveilleuse version très fidèle à l’auteur, loin des clichés véhiculés par les dessins animés made in U. S. A.
Elle utilise le plateau sans autre décor qu’une tenture, un praticable et une cloison. Les costumes aux chatoiements bleutés de Karine Serres, les lumières ondoyantes de Stéphanie Daniel, la bande son de Madame Miniature, renforcée par la musique de Fabienne Pralon construisent une ambiance onirique, mystérieuse pour le monde sous-marin, cocasse pour le monde des « personnes », c’est-à-dire du Prince flanqué de ses parents, un Roi souriant et débonnaire, une Reine méfiante, mais soucieuse de la paix de ses sujets.
Deux comédiens se partagent six rôles : Fabienne Luchetti est tour à tour la grand-mère de la Petite Sirène, la Reine de Terrebrune, la sorcière des mers, et Thierry Belnet devient le roi de Terrebrune, après avoir été le Roi des mers, puis le Prince de Terrebrune. La Petite Sirène est unique et Stéphanie Rongeot lui prête une grâce charmeuse, une voix envoûtante, une beauté de légende : c’est une vraie sirène, quoi ! Même si les humains l’ont baptisée Irène, et qu’elle a troqué sa queue pour deux poteaux appelés « jambes ».
Catherine Anne oppose le monde abyssal et le monde terrestre, les jeux des ondines aux ruses des humains. Les deux univers ont la cruauté en commun. Cependant, elle invente un point faible à la sorcière, modifie sensiblement le rapport père-fille pour la Petite Sirène, et crée une reine-mère haute en couleurs pour le Prince. Et tout s’imbrique parfaitement pour donner au conte une forme dramatique captivante que les enfants suivent avec passion. Chacun rêve d’être aimé. La Petite Sirène par le Prince, le Prince par l'inconnue qui l’a sauvé, la Sorcière par le roi des Mers. La Petite Sirène a sacrifié sa voix inutilement, elle souffre, mais refuse d’accomplir un meurtre expiatoire. Sa générosité sera récompensée, elle deviendra « sirène-oiseau ». Une promotion !
Le spectacle est accompagné d’un « livret du jeune spectateur » qui permet à l’enfant de fixer les détails qui lui ont plu ou qui l’ont ému. Il y a même un concours de dessins. Comment résister à tant de sollicitude ?
Une petite sirène de Catherine Anne
Au TEP jusqu’au 22 décembre
01 43 64 80 80
21:20 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre
22.12.2006
La douceur de la soie
Le canapé de cuir rutile, seul meuble de l’espace scénique, seule tache de couleur vive, il épanouit son style anglais du centre au côté cour. Il sert de lit, de rempart, de siège, de cachette. Les comédiens s’y réfugient, les personnages y règlent leurs comptes, s’y appuient, en font un confident quelquefois, un ami, toujours. Côté jardin, se dresse un portant, avec quelques vêtements, couleur noire ou tons neutres. Le chic est dans la discrétion. On maîtrise ses sentiments comme son image.
Philippe Honoré, le metteur en scène aime partir de textes non dramatiques pour ses mises en scène. Cette fois, il adapte des nouvelles de Françoise Sagan qui peignaient des couples sur la pente du malentendu, des êtres au bord de la rupture, des êtres lucides, un peu cyniques qui ne peuvent aimer les autres parce qu’ils s’aiment trop eux-mêmes et que leur horizon se limite souvent à leur personne et à leurs pairs.
Elle (Edith Vernes) et Lui (Jacques Faugeron), seront tour à tour ces personnages jeunes et élégants, un peu artistes, un peu bourgeois, femme et homme sans souci matériel, sans vraie méchanceté, mais sans générosité, lisses, charmants et charmeurs. Lui est « sentimental sans sentiments », elle, affiche une tranquillité exaspérante. Dans une autre histoire, lui, cache son désespoir sous des phrases désabusées, elle, sa solitude sous le mutisme de l’indifférence. Il y aura bien quelques exceptions une Lady Garret qui se décoince, un mari trompé qui veut tuer son rival, mais comme ceux du « cheptel », cette assemblée un peu snob qui les entoure, les contraint, leur ressemble, ils refusent de montrer leur souffrance et leurs larmes. Leurs yeux gardent toujours la douceur de la soie.
Les lumières de Jean-Luc Chanonat cernent les personnages avec beaucoup d’adresse, la musique de Didier Goret les accompagne avec finesse. La projection sur le sol d’une vidéo de Stéphane Cottin semble superflue, l’intensité dramatique naît du dialogue que les deux interprètes ajustent avec rigueur et délicatesse. Un joli moment…
Des yeux de soie d’après Françoise Sagan
Théâtre du Lucernaire
01 45 44 57 34
Depuis le 6 décembre
11:30 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre
20.12.2006
Scène ouverte, projet d’avenir
Depuis qu’il est directeur de la Comédie de Reims, Emmanuel Demarcy-Mota a imaginé ces « scènes ouvertes », où le public rencontre des auteurs et des comédiens sur des projets, lectures ou écritures dont les formes ne sont pas encore dramatiques, mais que la magie de la scène transmute en spectacles.
Emmanuel Demarcy-Mota travaille avec la même équipe depuis plus de dix ans, et c’est avec émotion qu’on retrouve certains des comédiens de Léonce et Léna (1996). D’autres ont pris leur envol vers la grande institution, comme Elsa Lepoivre, pour la Comédie-Française, d’autres reviennent au gré des contrats, tous, aux côtés de nouveaux, forment « le collectif artistique de la Comédie », un corps d’élite pour transmettre de grands textes.
La Ballade de Don Quichotte est un pari fabuleux. André Velter est un poète. De sa rencontre avec Bartabas et autour de l’aventure du Zingaro, étaient nés des textes magnifiques. Bartabas doutait que cheval et poésie puissent s’accorder. André Velter, citant Ossip Mandelstam, et convoquant Miguel de Cervantès, réinvente le personnage de Don Quichotte, un hidalgo hors des modes, des normes, des temps et des espaces. Un mythe, celui du chevalier errant colle à l’image du centaure rêvé par Bartabas.
Mais, « s’il nous reste un cheval pour dompter nos fatigues et nos peines, où sont nos chevaleries ? » Aujourd’hui, il n’ y a plus guère « d’héroïsme bienfaisant », ni de « grandeur désintéressée ». Sylvain Tesson dans ses voyages rapporte que celui qui arrive à cheval n’est plus « un étranger », mais « un cavalier ». On peut lui accorder sa confiance. Et autour de lui, surgi des rêves anciens, le metteur en scène change le réel.
Huit comédiens et un chanteur se partagent le texte en chorale, autour de Bartabas, superbe statue animée du maître avec ses chevaux (Soutine ou Horizonte) dont Jean-Pierre Drouet, rythme l’amble. Le musicien bruiteur aux allures de Sancho Pança, se moque du « bouffon qui va à pied », cet homme moderne « qui porte un fêlé », le poids de ses ambitions et de sa vanité. Yves Collet joue avec des lumières latérales sur les groupes, et avec un projecteur central pour des contre-jours mystérieux et bouleversants. Un seul décor au fond, une tapisserie aux tons ocre rouge et brun, comme frangée d’usure, donne les notes de couleurs qui s’harmonisent avec les caftans colorés du cavalier.
Au sol, sur la scène, s’étale un sable brun, dans lequel les bipèdes peinent à marcher. Cette terre primale chère au metteur en scène, (dont déjà, au lycée Claude Monet, pour sa première mise en scène, il avait fait charrier une tonne), est-elle là encore pour nous dire que tout retourne à la terre ? Avant cette échéance, elle parle du plaisir de créer même en remuant ciel et terre…
Et notre seul souhait est qu’elle porte ce projet jusqu’à la réalisation, afin que d’autres théâtres l’accueillent et que vous puissiez jouir de ce plaisir de l’intelligence et de la beauté.
La Ballade de Don Quichotte
texte d'André Velter avec des emprunts à Miguel de Cervantès
Scène ouverte du 18 décembre à la comédie de Reims
10:00 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre
13.12.2006
Degaine le pédagogue
André Degaine aime transmettre ses connaissances. Amateur militant du Théâtre sous toutes ses formes, il avait publié une remarquable Histoire du théâtre dessinée puis un pertinent Guide des promenades théâtrales à Paris, toujours chez Nizet.
Aujourd’hui, il reprend son Histoire, la remodèle pour la « raconter aux jeunes », toujours suivant sa formule, avec des dessins et des reproductions de gravure d’époque, et des textes écrits à la main.Pas de couleurs, juste du noir et blanc, et des croquis amusants qui courent de siècle en siècle.
Infatigable pédagogue, André Degaine anime aussi des conférences, et lègue les trésors de sa mémoire aux jeunes générations. Mais pas seulement à elles, car je suis sûre que dans ces pages vous trouverez tout ce que vous n'aviez jamais osé demander...
Le Théâtre raconté aux jeunes par André Degaine
Chez Nizet
Prix : 25 euros
10:40 Publié dans Livre, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Théâtre, livres
10.12.2006
Capri, c’est fini… pour Gorki
Maxime Gorki, l’autodidacte devenu écrivain et dramaturge célèbre avec Les Bas-Fonds (1902) était surveillé par la police du tsar. Emprisonné en 1905, il est libéré par une campagne internationale en sa faveur, mais doit quitter sa patrie (1906). Allemagne, États-Unis, puis Italie, le vagabond ne revient en Russie qu’avec la guerre (1914) et la Révolution. Mais après son opposition à la guerre, il dénonce les méfaits de la terreur rouge, les persécutions, la corruption, et en 1921, il doit reprendre le chemin de l’exil. Il retourne à Capri sous prétexte de se soigner. Le pouvoir qui reconnaît en lui un maître à penser, le récupère en 1928, l’ensevelit sous les honneurs, puis le supprime. La manière de Staline de circonvenir l’opposant, d’endormir sa défiance, de le neutraliser par la flatterie, de l’acheter en offrant des datchas, de payer pour qu’il ait une vie large et facile, tous ces affrontements auraient été proprement théâtraux et nous auraient montré Gorki dans ses contradictions, ses doutes, ses reniements.
Mais Jean-Marie Rouart qui signe ici sa première pièce, s’intéresse plus à l’homme privé, à ses amours, et à sa vanité d’écrivain. Entre Katarina (Marie-Christine Barrault), la compagne des luttes, Moura (Nathalie Nell), la maîtresse sensuelle, et la jeune Nina (Adeline Zarudiansky), la dernière conquête, Gorki (Roger Planchon) hésite. Gorki à Capri n’est ni un intello, ni un bourgeois, ni un proscrit qui souffre loin de sa patrie bien aimée. Et quand pour lui, Capri, c’est fini, on ressent chez lui peu de tristesse. Ce qui dans un roman aurait fait la délicatesse d’une analyse psychologique, la sagacité d’une pensée dans ses circonvolutions, devient ici flottement, et les comédiens hésitent, même dans leurs déplacements. Seule, Marie-Christine Barrault trouve le ton, les gestes, la place justes car Katarina la militante s’appuie sur les certitudes révolutionnaires.
Jacques Rosner, qui met en scène a trouvé un dispositif scénique ingénieux (décor de Thierry Leproust) pour résoudre le problème des changements de lieux. Et, comme il sait que le manipulateur suprême est Staline, il impose dans la seconde partie, une surimpression d’images du « petit père des peuples », avec des drapeaux rouges qui frémissent au vent de l’Histoire. Mais le dialogue ne corrobore pas le spectacle. Il manque un personnage qui aurait cristallisé ces forces obscures qui annihilent Gorki.
On sort déçu car le sujet était excitant, et on voit avec regret la pièce s’enliser. Nos Romantiques n’hésitaient pas après une première, à sabrer dans leur texte et à réécrire deux actes en une nuit. Mais on n’opère plus ainsi aujourd’hui, et c’est dommage. Henry Bernstein, qui fut le directeur du Théâtre des Ambassadeurs, devenu aujourd’hui Espace Cardin, préférait un théâtre qui agresse plutôt qu'un théâtre qui édulcore. Jean-Marie Rouart nous a habitués à des polémiques fameuses, des récits passionnants, on aurait aimé que sa première pièce soit plus pugnace. Nous attendrons donc la seconde.
Gorki, l’exilé de Capri de Jean-Marie Rouart de l’Académie Française
publié à l'Avant-Scène Théâtre
A l’espace Pierre Cardin
01 42 65 27 35
18:30 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre
09.12.2006
Omar Porras et le siècle d’or
Casilda (Elsa Lepoivre) épouse Pedro (Laurent Natrella). Le commandeur d’Ocaña (Laurent Stocker), tombe amoureux de Casilda et tente de la séduire par des cadeaux. Elle résiste, et, pour éloigner le mari, il l’envoie à la guerre, comme David avait fait avec Urie. Mais Casilda n’est pas Bethsabée. Les époux s’aiment et se le disent. Le plaisant alphabet du mariage, épelé réciproquement par les deux conjoints, garantit leur respect mutuel, leur estime partagée, plus que tous les serments. Si le commandeur se rêve en taureau, Casilda est une brebis du pauvre qui ne se laissera pas dévorer et Pedro est un berger armé pour se défendre. Le vilain tue le mauvais seigneur. Mais le roi justicier l’acquitte et confirme son anoblissement.
Le thème de l’honneur, cher au théâtre espagnol est soutenu dans Pedro et le commandeur par celui la justice du Roi, et, comme dans Fuente Ovejuna, dans La meilleure alcade c’est le roi, Lope de Vega montre que la vraie noblesse est celle de la virtu antique. Il présente un « grand seigneur méchant homme », à l’âme vile, face à des paysans dignes et vertueux. Seul le Roi sait faire la différence et récompenser le courage. L’aristocratie ainsi magnifiée, n’est-elle pas plus belle qu’une démocratie ?
Le côté héroïque ne passionne pas Omar Porras, il est à l’aise avec le grotesque de la comédie de mœurs, il l’accentue. Les masques (signés Freddy Porras) amplifient la servilité de Luján (Christian Blanc) et de Leonardo (Nicolas Lormeau). Les costumes des moissonneurs gonflent comme des lampions, les mules dansent un zapateado endiablé, les paysans chantent des chœurs rythmés, tout le petit peuple de Goya s’anime sur le plateau accompagné par la musique de Christian Boissel et Omar Porras. C’est superbe, coloré, avec des effets de lumières et d’ombre qui jouent sur les sensibilités. De la belle ouvrage, une mise en scène parfaite, la Comédie-Française a réussi une brillante entrée au répertoire.
Pedro et le commandeur de Lope de Vega
Comédie-Française
En alternance
0825 10 16 80
publié à l'Avant-Sène Théâtre
18:20 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre
08.12.2006
Ophélie et le poète
Charlotte (Françoise Girard) est lycéenne, mais c’est elle qui donne des leçons de géométrie au Poète (Michel Robin) et qui enseigne aussi patience et indulgence à sa chatte, Ophélie (Isabelle Gardien). La raisonnable petite fille évolue entre les pièces d’un jeu de construction coloré, comme sa robe à cerceaux (décor et costumes de Robin Chemin). Elle règne sur la chatte indolente et sagace, et le doux vieillard. Loin de tout réalisme, avec la fraîcheur d’une âme enfantine, Jean-Pierre Jourdain a construit un univers poétique fait de cubes et de colonnes, de lumières et d’ombre. L’écran lumineux, en hauteur, offre ses plages teintées et sert de tableau pour les constructions triangulaires.
La musique de Marc Marder accompagne avec bonheur onze chansons pour les quatorze animaux dont parlent les trois protagonistes. Dans ces nouvelles « histoires naturelles », les pigeons sont dégoûtants, le boa choisit des mots en « oa », et les chats sont les « meilleurs animaux », mais Ophélie est bien moins objective que le poète…
On passe une heure enchantée à (re)découvrir Jacques Roubaud, à s’amuser des jolies sonorités de la langue, à admirer la grâce féline d’Isabelle Gardien, la tendresse de Michel Robin, et l’autorité de Françoise Girard.
L’accord parfait de ces trois-là, l’intelligence respectueuse du metteur en scène, se conjuguent pour une rarissime poésie.
Ophélie et autres animaux de Jacques Roubaud
Studio de la Comédie-Française
01 44 58 98 58
Du 30 novembre au 14 janvier16:30 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre-poésie
05.12.2006
Juliette Drouet, une femme de lettres
Vingt mille lettres ! Elle en a écrit vingt mille, Julienne Gauvain, dite Mademoiselle Juliette à la scène, l’amoureuse du grand homme, qui va devenir le Maître de sa vie : Victor Hugo. Il exige une lettre le matin, une autre le soir, elle en "gribouille" quelquefois huit.
Sa vie est un roman-feuilleton. Orpheline à deux ans, elle passe ses jeunes années en pension chez les dames de Sainte-Madeleine. Trop jolie sans doute pour rester au couvent, elle devient modèle chez le sculpteur James Pradier qui lui fait un enfant, une fille : Claire. Elle devient comédienne pour gagner sa vie. Elle est charmante, son visage est pur, sa voix agréable, ses débuts sont prometteurs. Elle a tant besoin d’être aimée qu’elle se laisse abuser par un amant peu scrupuleux, et risque la prison pour dettes. Elle rencontre Hugo, joue un petit rôle de dix répliques dans Lucrèce Borgia, et devient sa maîtresse, en 1833.
Et pendant cinquante ans, elle va jouer ce rôle, amante, amie, ange gardien, d’un dévouement absolu, d’une fidélité sans faille, première admiratrice des œuvres qu’il lui donne à copier, tandis que lui paye ses dettes, mais papillonne, la trompe, l’enferme, la tyrannise. Pour le deux centième anniversaire de sa naissance, la maison Victor Hugo lui rend un hommage que Hugo aurait apprécié. L’exposition est superbe car elle n’oublie rien du siècle où vécurent les amants magnifiques.
Et on mesure mieux le sacrifice de la « proscrite du dévouement », qu’elle devint par amour.
Maison de Victor Hugo
6, place des Vosges
75004 Paris
de 10 h à 18 h sauf le lundi et les jours fériés
15:55 Publié dans exposition | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

