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14/10/2015

Chaumont en automne

 

 

Culture, loisirs, jardins, fleursVous avez manqué les nuits magiques de Chaumont-sur-Loire ?

Pour vous consoler, le domaine de Chaumont organise la 7ème édition des “Splendeurs d’Automne” du 17 octobre au 1 novembre 2015. 

Sur toute la durée des vacances de la Toussaint, vous découvrirez, jalonnant le parcours qui mène de l’entrée du Domaine au château, ainsi que dans l’espace des écuries, des fleurs extraordinaires, des fruits et des légumes de saison et de multiples variétés de cucurbitacées exceptionnelles rivalisant de fantaisie par leurs formes et leurs couleurs.culture,loisirs,jardins,fleurs

Pour le plaisir de vos yeux et pour fêter, comme il se doit, cet événement, le parc et le Château feront l’objet d’un fleurissement particulier réalisé pour l’occasion par les jardiniers du Domaine.

De plus, durant deux jours, les samedi 31 octobre et dimanche 1 novembre, vous pourrez rencontrer des professionnels du jardin qui vous feront partager leur passion et leur savoir-faire.

Vous pourrez aussi:

- Découvrir une exceptionnelle collection de plus de 350 espèces de pommes telles que : « la pomme citron », « l’ananas de Liège », « l’orange de suisse », « la banane d’hiver », « la mignonette rouge d’été », « la rose de Moringen », « la reinette grise d’automne »…

culture,loisirs,jardins,fleurs- Parcourir le potager expérimental du Domaine où cucurbitacées, légumes de saison et autres végétaux étonnants seront mis à l’honneur et, si vous le souhaitez, vous pourrez recevoir des conseils sur ces cultures particulières.

- Faire des échanges de graines, de plantes et de coloquintes.

- Découvrir des plantes oubliées et des objets artistiques ou pratiques pour décorer et entretenir votre jardin.

« Splendeurs d’automne » sera encore l’occasion de découvrir ou redécouvrir les expositions d’art contemporain, dans le parc historique et le parc des “Prés du Goualoup”, ainsi qu’à l’intérieur du Château.

Les expositions de pommes et de cucurbitacées seront visibles pendant toute la durée des vacances de la Toussaint.

Le Festival International des Jardins, ainsi que les expositions d’Art Contemporain, fermeront définitivement leurs portes le dimanche 1 novembre au soir.

Un conseil : passez-y toute la journée, il y a tant à découvrir !

www.domaine-chaumont.fr/

 

05/10/2015

Danser comme des païennes

 

théâtre,théâtre de l'atelier,b. friel,didier long Il y en a qui sont persuadés que nos racines sont chrétiennes, les ignorants ! Ils ont tout oublié de nos racines païennes, ou alors, ils ne les connaissent pas. Ils devraient aller plus souvent au théâtre. Car, Brian Friel*, un Irlandais — et qui est plus catholique qu’un Irlandais ?— nous rappelle, avec Danser à la Lughnasa que dans la mythologie celte, les paysans, après la moisson, fêtait le dieu Lug. 

Et, nous dit Wikipédia : « Il s’agit de la fête du roi dans sa fonction de redistributeur des richesses et d’équité, sous l’autorité des druides . C'est une trêve militaire qui célèbre la paix, l’amitié, l’abondance et la prospérité du royaume. Elle est obligatoire et réunit les trois classes (sacerdotale, guerrière et artisanale) de la société celtique. » Il paraît qu’il y avait l’équivalent en Gaule, le Concilium Galliarum.

Quand ils sont devenus chrétiens, les Irlandais ont conservé cette fête païenne.

Et, au cœur de cet été 1936, les cinq sœurs Mundy voudraient bien aller fêter la Lughnasa. Agnès (Léna Bréban), Rose (Lola Naymark), Kate (Claire Nebout), Maggie (Florence théâtre,théâtre de l'atelier,b. friel,didier longThomassin), sont encore célibataires, et regardent avec envie leur petite sœur, Chris (Lou de Laâge) qui, elle, a connu l’amour dans les bras d’un beau parleur Gerry (Alexandre Zambeaux). Sacré drôle ce Gerry ! Affabulateur comme le Mahon imaginé par Synge, (Le Baladin du monde occidental) et allant d’échec en échec dans tous ses projets comme le Platonov de Tchékhov. Les femmes, elles sont des sacrifiées. Vies ratées, tragiquement solitaires, mais que la confiance en l’avenir, la foi, tiennent debout. Alors, cet été-là, elles veulent enfin s’amuser, danser comme des païennes.

théâtre,théâtre de l'atelier,b. friel,didier longLeurs chamailleries, leurs espoirs, leurs secrets et leurs désillusions nous sont contés, quelque cinquante années plus tard, grâce à l’enfant, devenu homme, puis vieillard (Philippe Nahon).

Le metteur en scène, Didier Long, restitue avec finesse l’atmosphère violente et tendre de cette famille, la gravité de cette époque. Il signe avec Bernard Fau une scénographie adroite. Les comédiens, bien dirigés, transmettent la fragilité de ces personnages, le rêve et l’amertume de ces destins ordinaires.

 

Photos : © Christophe Vootz

 

 

Danser à la Lughnasa de Brian Friel

Texte français de Alain Delaye

Théâtre de l’Atelier

01 46 06 49 24

 

 Brian Friel né en1929 en Irlande du Nord est mort le 2 octobre 2015.

30/09/2015

Si jeune dans un monde si vieux

 

 

théâtre,marionnettes,théâtre de l'atalante,büchner,grégoire calliesLéonce est le fils du roi de Popo. Léna est princesse au royaume de Pipi. Léonce apprend son métier de roi et comme un roi a besoin d’une reine, on va le marier à la princesse Léna. Mais Léna veut échapper à la raison d’état : « Pourquoi clouer deux mains qui ne se cherchaient pas ? » dit-elle à sa gouvernante. Elles s’enfuient. De son côté, le prince a rencontré un vagabond effronté et il part avec lui sur les routes. En une journée, ils ont traversé une « douzaine de principautés ». Léna a cueilli des fleurs, mais, dit la gouvernante : « Pas le moindre Prince charmant égaré ». théâtre,marionnettes,théâtre de l'atalante,büchner,grégoire calliesCependant à la faveur de la nuit, du clair de lune, du chant des grillons et du coassement des grenouilles, la nuit étoilée permettra leur rencontre. La fin sera heureuse et insolente, comme son auteur Georg Büchner.

Cette comédie satirique date de 1836 et le jeune dramaturge, médecin, écrivain, a vingt-trois ans. Il a déjà échappé à la police des états germaniques  qui le poursuivent pour son  tract révolutionnaire : « Paix aux chaumières, guerre aux châteaux ! ». Il vient de trouver refuge en Suisse, mais le typhus le rattrape et il meurt « si jeune dans un monde si vieux. »

Grégoire Callies a adapté cette œuvre en 1992 pour des marionnettes. Il en restitue l'audace avec une intelligence remarquable. La scénographie, et la création marionnettes de Jean-Baptiste Manessier proposent en place de castelet, une boite à malices.

théâtre,marionnettes,théâtre de l'atalante,büchner,grégoire calliesD’un gros cube rougeâtre, autour duquel les acteurs-servants (Marie Vitez et Grégoire Callies), vêtus et masqués de noir, s’affairent, vont jaillir des marionnettes articulées, guère plus grandes que la main humaine. La boîte s’ouvre en triptyque découvrant des poulies, des arbres mécaniques, et tout un sous-prolétariat rivé à des machines. Des trappes communiquent avec l’étage supérieur, celui des maîtres et de leur cour, au-dessus d’eux, le ciel, la nature. Les musiques de Jacques Stibler épousent les voyages. La flûte rêveuse cède la place à une musique militaire par instants, et un piano d’enfant éveille des souvenirs lointains.

Instants magiques : les images et les dialogues rappellent Le Roi et l’Oiseau de Prévert et Grimault et les personnages sont les frères de ceux de Musset dans Fantasio. 

Romantique Büchner ? Il s’en garde bien. Par la voix de Valerio, il ironise sur le « romantisme de sous-lieutenant » du jeune prince qui, grâce à lui, a raté « son plus beau suicide ». Révolutionnaire ? Grégoire Callies imagine un roi nu, qu’on caparaçonne pour le présenter à son peuple, un roi sans qualité, qui doit « penser pour [ses] sujets car ils ne pensent pas. » Il montre la servilité de ceux qui l’entourent, et un curé qu’on sort de sa chaire comme le diable sort d’une boîte. Avec la marionnette qui peut tout dire, la comédie dénonce l’absurdité des régimes autocratiques de ces petits états allemands (trente-neuf principautés à son époque) où la liberté n’existe pas.

Quand Valerio devenu ministre interdit le travail et souhaite « une religion commode », le public applaudit l’utopie et se prend à rêver.

 

 

Photos : © Victor Tonelli-Artcomart

 

 

Léonce et Léna de Georg Büchner

Théâtre de l’Atalante

Jusqu’au 10 octobre

Puis Halle Roulot à Fontenay-sous-Bois

Jusqu’au 17 octobre