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17/02/2016

Des cavaliers légendaires

 

Théâtre, Théâtre La Bruyère, Kessel, littérature, Eric BouvronJe suis toujours réticente devant les adaptations de roman au théâtre. Et transposer Les Cavaliers, magnifique roman de Kessel, avec les steppes afghanes, ses chevaux, ses combats, le bouzkachi  qui "façonne les hommes",  ses tchopendozs (compétiteurs acrobates), ses personnages hauts en couleurs, avec quatre comédiens, sur la scène du Théâtre La Bruyère, je n’y croyais pas !

J’avais tort.

Éric Bouvron adapte, met en scène (avec la complicité d’ Anne Bourgeois) et joue une version qui tient du prodige. Tout y est fluide, juste, inventif. Il interprète Mokkhi, le saïs (palefrenier) de Jehol « le cheval fou » du jeune maître, il est aussi son père, Toursène, dur, cruel, injuste, et Guardi Guedj, « l’aïeul du monde ». Benjamin Penamaria est le fils, Ouroz (en alternance avec Grégori Baquet), qui accomplit le terrible voyage initiatique, va souffrir mille morts, perdre sa dignité et la regagner, il sera aussi Osman Bay, le propriétaire. Maïa Gueritte incarne d’abord le batcha (enfant serviteur) de Toursène, que le maître défigure d’un coup de cravache. Elle sera aussi Zéré la nomade tentatrice, la perfide qui pousse Mokkhi à la trahison. Théâtre, Théâtre La Bruyère, Kessel, littérature, Eric Bouvron

Pour décor il suffit d’un tapis, de quatre tabourets, d’un rideau que la lumière de Stéphane Baquet rend translucide, quelques accessoires, les costumes de Sarah Colas. Un musicien fabuleux, Khalid K recrée l’univers, avec le vent, le galop des chevaux, les coups de fouet, et tous les bruits du monde.

Et le cheval, qui, dans le roman est un personnage ? Si je vous dis qu’Éric Bouvron a complété sa formation d’acteur chez Jacques Lecoq, Peter Brook et Ariane Mnouchkine, vous aurez deviné que ce comédien fantastique sait donner au spectateur de quoi l’imaginer et le voir.

Le héros exorcise sa honte, le père accède à la pitié, le traître au repentir.

Et les spectateurs sont éblouis par ces Cavaliers légendaires si présents.

Courez-y… au galop, bien entendu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos © Lot

 

Les Cavaliers d’après le roman de Joseph Kessel

Adaptation d’Éric Bouvron

Mise en scène d’Éric Bouvron et Anne Bourgeois

Théâtre La Bruyère à 21 h

01 48 74 76 99

Depuis le 3 février

15/02/2016

Heureux anniversaire !

DEMAIN, MARDI 16 FÉVRIER 2016,Théâtre, Théâtre de la Huchette, Ionesco

                        Le THÉÂTRE DE LA HUCHETTE

 entamera la 60ème année d’exploitation de

« LA CANTATRICE CHAUVE » et « LA LEÇON »

de Eugène IONESCO 

à l’occasion de leur 18232e représentation !Théâtre, Théâtre de la Huchette, Ionesco 

et le troisième spectacle,

« KIKI, LE MONTPARNASSE DES ANNÉES FOLLES »,

 fêtera sa 161e représentation

 

13/02/2016

Chapeau l’artiste !

 

Théâtre, Théâtre 71, Art de la Comédie, Eduardo de Filippo. HatemLe nouveau préfet (Fabien Orcier) vient de prendre ses fonctions dans une ville où il ne connaît personne. Son secrétaire (Christophe Vandevelde), fraîchement nommé ne peut pas le renseigner, et le Planton (Nicolas Bonnefoy) n’est là que depuis peu de temps.

Comment distinguer la vérité du mensonge dans les médisances que ses administrés ne manqueront pas de raconter ? Mais le préfet n’est pas homme à se laisser manipuler, il a le jugement clair et l’esprit subtil. Il fait établir par son secrétaire une liste des notables à recevoir en priorité : le médecin (Maxime Le Lièvre), le pharmacien (Nicolas Bonnefoy), le curé (Marc Jeancourt), l’institutrice (Sylvie Orcier).

Il n’avait pas prévu de rencontrer Oreste Campese (Mohamed Rouabhi), comédien, chef d’une troupe itinérante et familiale, dont la « roulotte » vient de brûler. Mais comme il est bienveillant, il l’accueille et lui offre un permis de transport pour se déplacer gratuitement. Campese ne demandait pas l’aumône, il souhaitait simplement que le Préfet honore de sa présence la première représentation que la troupe donnerait au théâtre municipal. Car la présence d’un préfet vaut caution et pourrait décider un public qui « n’ose pas entrer dans les théâtres ».

Mais le Préfet pense que le Théâtre est un divertissement, que lui, a des affaires plus sérieuses à traiter, et des gens plus importants que des saltimbanques à rencontrer ! Campese a beau lui avancer que son spectacle présente « des aventures calquées sur la réalité », le préfet n’en démord pas et nie même l’utilité du théâtre. Campese le défie de faire la différence entre réalité et fiction. Et comme, au lieu du permis de chemin de fer, le secrétaire lui a donné la liste des notables, qui sait si les invités ne seront pas des « personnages en quête d’auteur » ?

Alors, à chaque nouvel arrivant, le préfet doute, pose des questions pièges, fortifie ses certitudes, et naturellement…théâtre,théâtre 71,eduardo de filippo,hatem

N’en disons pas plus, Eduardo de Filippo est un maître des situations conflictuelles. Ses personnages mènent un jeu ambigu, et les comédiens dirigés par Patrick Pineau dansent une sarabande effrénée et jubilatoire. Chapeau l’artiste !

On conseillerait bien aux politiques de tous bords, que leur pouvoir enorgueillit, de méditer les mésaventures de ce préfet, et de s’en souvenir au moment où les artistes ont besoin d’une place dans la cité.

 

 

 

L’Art de la comédie d’Eduardo de Filippo

Traduction d’Huguette Hatem

Mise en scène de Patrick Pineau

 

Théâtre 71

01 55 48 91 00

jusqu’au 18 février

 

 

Tournée

26 février à Val de Reuil

1 au 5 mars Théâtre de Dijon

8 mars Le Salmanazar à Epernay