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29/09/2011

Anniversaire

 

 

 

Mardi soir, on fêtait à Malakoff, les quarante ans du théâtre 71.

Oui, le théâtre qui a transformé la Place du 11 novembre, a été créé en 1971, et ainsi dénommé parce qu’on célébrait, à l’époque, le centenaire de la Commune de Paris (18 mars-28mai 1871).

En ce temps-là on ne lésinait pas sur la culture. Et la municipalité a continué, et continue malgré la crise, de soutenir tout ce qui peut enrichir l’esprit et les relations humaines. Le sénateur Jack Ralite donna à son historique des accents d’épopée.

Grand moment d’émotion où l’on retrouva les témoins et ceux qui par leur action, leur ténacité donnèrent une âme à ce lieu. Le nouveau, Pierre-François Roussillon, recevait aussi l’ancien directeur Pierre Ascaride, et sans nostalgie, on fit des projets pour l’avenir.

 

Après les discours, ce fut « place au Théâtre » évidemment, avec L’Augmentation de Georges Pérec. Dans ce parcours du combattant que constitue une demande d’augmentation, deux comédiens éblouissants, dirigés par Anne-Laure Liégeois. Ce petit chef d’œuvre d’ironie, analyse sociologique pimentée de burlesque vient à point dans notre paysage « récessionnaire »…

La pièce est programmée au Rond-Point. Ne la laissez surtout pas passer. Vous saurez tout ce qui vous attend si vous osez vous plaindre de vos bas salaires, et de votre faible pouvoir d’achat.

Dur, dur d’être prolo !

 

27/09/2011

Les Jeux de l'amour

 

 

 

Marier sa fille est délicat, tous nos grands auteurs dramatiques nous l’ont expliqué. Quand M. Orgon (Christian Hecq) s’en avise, lui qui a décidé d’être « trop bon pour l’être assez », se plie aux souhaits de Silvia (Léonie Simaga) qui s’est aperçue que les maris portent un « masque » pour la société, et « une grimace » pour leur femme. Elle se méfie, la belle, et elle obtient de son père qu’il la laisse prendre le déguisement de Lisette (Suliane Brahim), sa servante. Le « hasard » fait que, de son côté, le jeune homme qu’on lui destine, Dorante (Alexandre Pavloff), en a fait de même avec son valet Arlequin (Pierre-Louis Calixte). L’amour fera le reste.

Dans une délicieuse comédie, Marivaux nous montre en cinq actes, Le Jeu de l'amour et du hasard, toutes les surprises de l’amour, sa cruauté, et comment tout s’arrange quand on aime suivant sa condition.

On a vu souvent Marivaux déformé, sous prétexte d’être dépoussiéré ou actualisé. Mais Galin Stoev, heureusement pour nous, n’a cédé à cette tentation moderniste que dans la dispersion de chaises assez laides. Une bagatelle, car sa mise en scène est un bonheur ! Certes, il a décidément un penchant pour les cloisons de verre, mais dans une maison où le père et Mario, (Pierre Niney) le frère de Silvia, - seul dans la confidence - épient ce qui se passe, la transparence se comprend. Et quelle idée lumineuse de montrer un Mario féru des sciences expérimentales de son époque ! Dans quelques années, cet homme-là souscrira à l’Encyclopédie des Lumières, c’est certain !

Les costumes de Bjanka Adžić Ursulov avec leurs couleurs claires, pour les maîtres, chatoient du blanc à l’orangé, à peine cassées de gris pour le manteau du père. Les domestiques sont en noir, couleur de servitude et de douleur.

Léonie Simaga est adorable, Suliane Brahim pétillante, Alexandre Pavloff mélancolique et Pierre-Louis Calixte maladroit et tendre. Quant à Christian Hecq débonnaire, et malicieux, il est inimitable. Renouvelant le jeu des Italiens, qui créèrent la pièce en 1730, les apartés de la commedia s’adresse directement au public.

De quoi offrir aux classes de lycée, venues voir les Comédiens français une vraie chance d’aimer le Théâtre et de comprendre Marivaux !

 

 

 

Le Jeu de l’amour et du hasard

Comédie-Française au 104 du 23 septembre au 4 octobre

Puis Salle Richelieu du 11 octobre au 31 décembre.

http://www.comedie-francaise.fr

 

 

21/09/2011

Tempête en Alaska

 

Le blizzard souffle en rafales menaçantes (Ambiance sonore : Axel Lussiez) quand Rosannah (Isabelle Duperray) trouve enfin refuge. Il était temps ! Avec sa robe de mariée en soie (costumes : Valérie Montagü) et ses escarpins bordés de dentelle, elle risquait la mort. Elle est glacée, affamée, n’a pas dormi depuis des jours. Elle reprend vie dans la chaleur d’une habitation rudimentaire, genre cabane de trappeur. Elle s’écroule au moment où s’éveille le propriétaire des lieux, un certain Henry (Norbert Ferrer), qui y vit comme un ermite.

« La scène est le lieu des conflits », répétait à l’envi Anne Ubersfeld qui fut un remarquable professeur de théâtre. Rosannah est raffinée et bavarde. Henry est du style taiseux et balourd. Tout est donc pour le mieux dans la meilleure dramaturgie possible.

Lorsque la belle se réveille, qu’elle a troqué ses vêtements de fête contre des nippes informes et des godillots, il faudra bien qu’elle explique cette cavale insensée depuis l’Arizona jusqu’à l’Alaska. Il faudra bien qu’il avoue ses éternels remords pour expliquer cette retraite au bout du bout du monde. Il vont se trouver des points communs, et surtout s’apercevront qu’ils ont besoin l’un de l’autre.

Avec peu de moyens, dans un petit théâtre de Montmartre, cette jeune équipe réussit le pari d’une charmante création. Allez l'encourager… Émotion garantie pour un public de tout âge.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une lueur en Alaska (Brilliant Traces) de Cindy Lou Johnson

Traduction de Blandine Pélissier

Le Funambule Montmartre

du Mardi au Samedi à 21h30

jusqu’au au 29 octobre 2011.

01 42 23 88 83