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11/02/2012

Rire de tout


 Dans Le Gros, la Vache et le Mainate,  de Pierre Guillois, il y a bien sûr un mainate, un vrai qui vole vers le public. Il ne parle pas, il chante les rengaines de Luis Mariano. Il y a un petit gros sympa : Xavier (Olivier Martin-Salvan) qui chante sa joie d’être papa, enceint des œuvres de Paul (Pierre Guillois en alternance avec Gregory Gerreboo). Et la vache ? Qui fait la vache ? 

Théâtre, cabaret, musique, théâtre du rond-pointDans cette « opérette barge », qui rivalise avec Hellzapoppin de Henry C. Potter, un des chefs d’œuvre de l’absurde au cinéma, pas de ruminant, mais une tante Schmurtz (Jean-Paul Miel) qui dit « Meuh non ! » à moins que ce ne soit la tante Chose (Pierre Vial) qui le répète. Il y a aussi un beau jeune homme qui s’effeuille, Luca Oldani, comédien et strip-teaser.

Nous avons promis à Bernard Menez, le metteur en scène, de ne rien dévoiler des mystères du spectacle. Mais sachez qu’avec des situations tragiques, des personnages méchants, des situations catastrophiques, l’équipe conduit le public à rire de tout… jusqu’au délire.

Le pianiste, Chris Cody (ou Laurian Daire) les  accompagne, et  François Fouqué signe la composition musicale et Sophie Tellier la chorégraphie.

Attention aux cœurs purs, l’auteur ne respecte ni l’enfance, ni la maternité, ni la fidélité, ni la vieillesse, ni la mort. Théâtre, cabaret, musique, théâtre du rond-pointJean-Paul Muel adore jouer les vieilles dames indignes, et Pierre Vial qu’on avait déjà vu chez Vitez, (Les Burgraves) se livrer à une interprétation extravagante de la sorcière Guanhumara, retrouve ici une seconde jeunesse.

On vous dira peut-être que c’est de mauvais goût, mais rappelez-vous qu’au théâtre il n’y a qu’un seul mauvais genre : le genre ennuyeux. Et là, on ne s’ennuie pas une seconde !

 

 

photos : David Siebert



Le Gros, la Vache et le Mainate, opérette Barge de Pierre Guillois

Théâtre du Rond-Point

Jusqu’au 3 mars

01 44 95 98 00



01/02/2012

Au royaume du dollar


 

 Carlos Ponzi a réellement existé. Il a donné son nom à un système frauduleux appelé « chaîne de Ponzi », dont vous trouverez le modèle mathématique sur la Toile. Et, si David Lescot dans Le Système Ponzi, prend quelque liberté avec la véritable histoire de cet escroc insigne, il en retrace le parcours exact et montre le mécanisme d’une des plus grandes escroqueries du siècle dernier, dont Bernard Madoff, plus récemment, semble s’être inspiré.

Avec dix comédiens, dont quatre sont aussi musiciens, l’auteur, qui signe aussi la mise en scène et la musique, fait jouer plus de cinquante personnages.

Au royaume du dollar, petits employés, artisans, commerçants, fonctionnaires, prêtres, tous rêvent de gagner beaucoup en investissant peu. Il rêvent de devenir riches, très vite, et ne cherchent pas à connaître les rouages de la spéculation.

Tous cupides et candides. Aussi, Ponzi (Scali Delpeyrat) semble-t-il moins coupable qu’eux, tout occupé qu’il est à satisfaire les clients qui le pressent, et Rose (Céline Millat-Baumgartner), la femme qu’il aime.

Elizabeth Mazev, Charlie Nelson, Odja Llorca, Jean-Christophe Quenon, Marie Dompnier, Clément Landais, Virgile Vaugelade, et l’auteur en personne, entraînent le spectateur dans un voyage épique à travers deux continents (Europe et Amérique), quatre pays (Italie, Canada, Etats-Unis, Brésil), et soixante ans d’Histoire. Adresses au public, récit choral, mimes, cabaret, théâtre, l’action fait feu de tous genres.

Malheureusement pour le spectateur, l’ensemble est un peu long et quelquefois répétitif. Dommage, car le début est flamboyant, rythmé, exceptionnel, et les comédiens brillants.

 

 

 

Le Système Ponzi de David Lescot

Théâtre de la Ville au Théâtre des Abbesses

Jusqu’au 10 février

01 42 74 22 77

 

30/01/2012

Le triomphe de Goldoni


 Dans la Trilogie de la Villégiature, Goldoni abandonne Venise pour la Toscane et envoie ses personnages de Livourne à Gênes, quand lui-même s’apprête à partir pour Paris.

La Manie de la villégiature  présente une société de jeunes bourgeois prodigues, singeant les aristocrates, dans ce qu’ils ont de plus affligeant, le mépris de classe, leur penchant au « paraître », la dissipation de leurs biens. Plus soucieux de suivre la mode que de s’occuper de leurs affaires, ils courent à la faillite.

 Leonardo (Laurent Stocker) s’endette pour maintenir un train de vie dispendieux au grand dam de son valet Paolo (Éric Ruf). Sa sœur Vittoria (Anne Kessler) se sentirait déshonorée de ne pas aller en « villégiature » à Montenero, et de ne pas y étrenner une toilette à la mode. Une seule solution : épouser Giacinta (Georgia Scallet) la fille  de Filippo (Hervé Pierre) dont la dot permettrait de régler ses factures. Mais la belle a un autre prétendant, Guglielmo (Guillaume Gallienne), et Filippo est un père qui « a trop de bonté ». Sous le regard impitoyable de Ferdinando (Michel Vuillermoz), le parasite qui profite de la situation, ces personnages se surveillent, plus attentifs aux comportements qu’aux sentiments.

Le seul honnête homme de cette société frivole, est Fulgenzio (Bruno Raffaelli). Lui, n’allant à la campagne que « pour s’occuper de ses intérêts », c’est-à-dire, pour toucher les revenus de ses domaines et non pour se divertir, essaie paternellement de mettre un peu de plomb dans les têtes écervelées de tous les jeunes gens.

Puis il y a les serviteurs, Brigida (Elsa Lepoivre), Cecco (Jérôme Pouly) et Paolo, lucides, généreux, patients, dévoués, qui observent les faiblesses des maîtres et essaient de résister à la ruine annoncée.

Les Aventure de la villégiature et Le Retour de la villégiature précipiteront cette débâcle, en y entraînant d’autres figures de la société, Madame Costanza (Florence Viala), et sa nièce Rosina (Adeline d’Hermy), Sabina (Danièle Lebrun), Tognino (Adrien Gamba-Gontard).

La fin est mélancolique. Il y est beaucoup question d'argent, de renoncement à  l’amour, de résignation à l'exil, et de promesses. Pour morales que soient ces réflexions, corrigeront-elles les protagonistes ? C’est le but de la comédie…  

Dans cette nouvelle mise en scène signée Alain Françon on ne sait ce qu’il faut admirer. La scénographie de Jacques Gabel ? Elle est en congruente au texte. Les lumières de Joël Hourbeight ? Elles s’y accordent sublimement ! Les comédiens ? Ils sont parfaits dans leurs costumes splendides (Renato Bianchi), adaptés à leur condition, aux couleurs en harmonie. Un miracle de beauté et d’intelligence pour le triomphe de Goldoni.

 

 

La Trilogie de la villégiature de Goldoni

Traduction de Myriam Tanant

Théâtre éphémère de la Comédie-Française

Jusqu’au 12 mars

0825 10 1680

www.comedie-francaise.fr