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07/02/2007

Le Off de Paris

 

 

 

Art Nécro ? Non, ce n’est pas la nécrologie du Théâtre qu’annonce Tallia, un nouveau lieu situé dans le XIIIe arrondissement, mais plutôt la volonté de le faire vivre dans de petites salles de quartier, imaginant  ainsi des lieux de rencontres, des espaces conviviaux, des tremplins pour de jeunes compagnies à la recherche d’un public.

Catherine Morela, y présente Art Nécro. C’est sa première pièce. Elle a choisi le genre policier, cher à Robert Thomas. Beaucoup de cadavres,  mais pas d’inspecteur. Ce n’est pas la recherche du criminel qui l’intéresse, mais la raison pour laquelle il tue.

Près de la douce Marion (jouée par l’auteur) qui court après l’amour, se dresse l’ambitieuse Élise qui court après la gloire et a organisé un festival sur une île presque déserte. Avec l’arrivée d’un couple qui n’était pas invité, le beau jeune premier Rocco (Loïc Porteau) et une jeune réalisatrice Agate (Isabelle Lavilette), la belle organisation se détraque, et tourne au drame.

Nous n’en dirons pas plus sur l’intrigue, il ne faut jamais dire qui est l’assassin. Ne parlons que de la jeunesse de la troupe et de la sympathie qu’elle dégage. C’est un peu Avignon Off en plein Paris. L’auteur a le sens du suspens et sait manipuler les êtres qu’elle imagine. Les acteurs qui se sont connus au cours Florent, cherchent encore un peu leur rythme, mais ils ont de la présence, du charme, et le métier s’acquiert en jouant, n’est-ce pas ? Il faut donc occuper la scène, répéter, se montrer, travailler, quoi ! C’est ce qu’ils font, et sans autre prétention que de vous divertir. Ils y réussissent.

 

Art Nécro de Catherine Morela

Tallia théâtre

40 rue de la Colonie

75013 Paris

www.talia.fr

 

10:55 Écrit par Dadumas dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : théâtre |  Facebook | |  Imprimer

03/02/2007

Tranches de fiel

  Avec Moi aussi je suis Catherine Deneuve, Pierre Notte faisait une entrée très remarquée sur les scènes parisiennes, ce qui  après le le Prix de la Fondation Diane et Lucien Barrière, lui valut un Molière. Il en profita pour créer J’existe (foutez-moi la paix)  au Théâtre des Déchargeurs à la rentrée de septembre rien que pour exercer son esprit caustique. Nous le retrouvons aujourd’hui, tel qu’en lui-même avec Journalistes  que Jean-Claude Cotillard met en scène.

 

Plus de Catherine Deneuve, mais, toujours en Arlésienne, une vedette, Isabelle Huppert, reine à la scène comme à l’écran, celle dont rêve Cardélio (Zazie Delem) la critique dramatique qui s’écoute penser. Car l’action ne se situe pas dans une famille ordinaire, mais dans celle des rédactions et les journalistes ne dépareraient la famille des Atrides. Gleçouster (Marc Duret) intrigue,  tandis que Montépulet (Romain Apelbaum) aux abois cherche des sujets, des idées, des supports, et ne les ayant pas, les barbotent aux autres… Le spectateur assiste à des tranches de vie, vraies tranches de fiel, des scènes courtes, réglées comme des ballets où s’entrecroisent les cyniques, les ambitieux, les cuistres. L’ascension de l’un signe la disgrâce de l’autre.

 

Sophie Artur passe avec aisance d’un rôle à un autre, il faut la voir en Grande dame du Théâtre français très durassienne, en rédac’ chef plus vraie que nature, et en conseillère du ministre lénifiante. Hervé-Claude Ilin caricature « l’auteur vivant contemporain » avec gourmandise, puis rapplique allégrement en journaliste ou en huissier. Les acteurs sont épatants dans cette satire où chacun essaie de reconnaître ceux qu’il a croisés… Le regard de l’auteur manque de confraternité ? Ne serait-ce pas plutôt la profession qui en manque ?  Pierre Notte n’est pas méchant, mais simplement ironique. Il connaît bien le milieu, il a été chroniqueur dans différents organes de presse. À la manière d’une revue de cabaret, il montre, leur vanité, et leur insignifiance aussi. Il manque quelques couplets, mais ça peut sûrement s’arranger…

 

 

 

Journalistes de Pierre Notte

Théâtre Tristan Bernard

Réservations : 01 45 22 08 40

12:45 Écrit par Dadumas dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Théâtre |  Facebook | |  Imprimer

30/01/2007

Retraite forcée

 

Gildas Bourdet, officier des Arts et des Lettres, restitue ses décorations.

Directeur du Théâtre National du Nord Pas-de-Calais,  puis du Théâtre de la Criée à Marseille, il avait ensuite dirigé le Théâtre de l’Ouest Parisien, il vient d’apprendre que la convention qui liait sa compagnie au Ministère ne serait pas renouvelée.

« On » lui conseille de prendre sa retraite. Il a cinquante-neuf ans !

Au moment où on annonce partout qu’il va falloir travailler plus et plus longtemps, comme dirait Feydeau, elle est raide, celle-là !

Feydeau justement, fait-il partie des « auteurs indigents » qu’on l’accuse d’avoir mis à l’affiche ? Comme Ayckboun ? Calaferte ? et Molière ? Entre autres…

Invraisemblable… Injuste surtout, car outre un metteur en scène admirable, un peintre de talent, il est aussi un auteur de génie.

S’il a cessé de plaire dans les ministères, il devrait rebondir ailleurs. Aidons-le.

Compagnie Gildas Bourdet

77, rue de la Colonie

75013 Paris

12:00 Écrit par Dadumas dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Théâtre |  Facebook | |  Imprimer