Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/05/2014

Prolongation

 

 

Théâtre, Poche-Montparnasse, Durringer    Histoires d’hommes de Xavier Durringer


Mise en scène de Christophe Luthringer

Théâtre de Poche-Montparnasse

Jusqu’au 1er juin

01 45 44 50 21

 www.theatredepoche-montparnasse.com

 

17:09 Écrit par Dadumas dans Blog, humour, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer

19/03/2014

Quel homme !

 

 

On ne vous présentera pas Dom Juan. Sa renommée est universelle et traverse la littérature dramatique, poétique, romanesque, l’opéra et  le cinéma. Mais si vous ne l’avez jamais vu, il faut courir au Théâtre 14. Arnaud Denis y met en scène le Dom Juan  de Molière et interprète le rôle titre avec une telle intelligence que vous ne pourrez plus entendre parler du personnage sans l’imaginer sous ses traits.

Théâtre, Théâtre 14, Molière, Arnaud DenisDom Juan est jeune et  beau, vêtu de soie, d’or et de dentelles (Costumes : Virginie Houdinière). Il est noble et ne vit que pour sa jouissance. « Quel homme ! » qui ne respecte rien, ni religion, ni morale, ni famille. Il vient à peine d’épouser Doña Elvire (Alexandra Lemasson) que déjà, il pense à une nouvelle femme. De Charlotte (Eloïse Auria) en Mathurine (Julie Boilot), il court le jupon. Théâtre, Théâtre 14, Molière, Arnaud DenisIl n’obéit qu’à son désir et se moque des leçons de modération de son valet Sganarelle (Jean-Pierre Leroux). Matérialiste, cynique, il n’hésite pas à provoquer son père, Dom Louis (Vincent Grass) : « Mourez le plus tôt que vous pourrez », ajoutant à ses vices celui qui, selon Molière les surpasse tous : l’hypocrisie.

Arnaud Denis restitue le climat de luxure et de volupté dans lequel baigne ce jouisseur effréné.
Théâtre, Théâtre 14, Molière, Arnaud DenisIl esquisse une soirée libertine, au cours de laquelle des valets peuvent devenir mirebalais et des dames galantes masquées se prêter à toutes les complaisances, embarquant un M. Dimanche (Gil Geisweiller) prompt à succomber à la tentation. Dom Juan affiche un sourire effronté, caresse ceux qu’il veut séduire, hommes ou femmes, Dom Carlos (Jonathan Bizet) ou sa sœur, qu’importe ! « Un grand seigneur méchant homme est une terrible chose », dit Sganarelle qui s’épuise à suivre son maître. Brave Sganarelle ! Jean-Pierre Leroux, lui donne une bonhomie inquiète, une tendresse quasi paternelle, et passe avec finesse, en un éclair, de la révolte au renoncement pour cause de couardise. Jonathan Bizet, Loïc Bon, Stéphane Pevran se partagent les neuf autres rôles avec brio.

La statue du Commandeur ? La « participation virtuelle » de Michael Lonsdale est stupéfiante. Le masque qui semblait de pierre reçoit des hologrammes transformant les traits d’une statue romaine en ceux du comédien, mais flous et fluctuants, comme une apparition fantomatique. Les créations vidéo de Sébastien Sidaner, les lumières de Laurent Béal donnent au décor d’Edouard Laug la profondeur d’une destinée. C'est sublime. 

Vous attendez la punition du Méchant ? Elle est d’une invention diabolique et prodigieuse. Vous vous souvenez sans doute que la source de Dom Juan est un fait divers. Après avoir enlevé, déshonoré et abandonné la fille, un seigneur  espagnol, Juan Tenorio, avait assassiné le père, commandeur de son état. Une nuit d’orage, le criminel demanda asile dans le couvent où se trouvait le tombeau du commandeur. Et on dit que les moines déclarèrent qu’il avait été foudroyé…

Eh bien ! Ces moines sont là, sur la scène, et encerclent Dom Juan…

Mais... allez-y, et en voyant ce Dom Juan-là, vous aussi, vous direz : « Quel homme ! »

 

 

Photos : © LOT

 

Dom Juan de Molière

Mise en scène d’Arnaud Denis

Jusqu’au 26 avril

Théâtre 14

01 45 45 49 77

 

 

10/03/2014

Pour Catherine SELLERS

Catherine Sellers, théâtre, compagnie P. Tabard

Elle vient de nous quitter...

« Elle joue toujours plus loin que la scène, toujours. Et à la place toujours dangereuse. Et toujours, elle donne ce sentiment bouleversant que cette place – de laquelle elle vous renvoie le rôle – est la place véritable de ce rôle, même si vous, vous ne l’aviez pas encore aperçue. S’agit-il d’une compréhension générale ? Peut-être, oui, si par ce mot on entend aussi un savoir qui s’ignore. Car elle n’en dit rien, ne l’impose en aucune manière, ne sait peut-être même pas, en effet, qu’elle en est porteuse : quand elle joue, parfois, elle paraît étonnée comme par la découverte de la pièce. Oui c’est ça, je crois qu’il s’agit ici de la dimension souveraine de l’acteur, de l’ouverture naturelle qu’il opère sur le rôle, de la projection de ce rôle hors des limites privatives de la pièce qui le contenait, de son transfert dans le dehors du théâtre, de son jeu originel. »

Marguerite DURAS