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01/01/2008

Meilleurs voeux

Après tout ce que certains vous ont promis, vous devez être saturés…

Mais vous n’échapperez pas à mes vœux…

Je vous souhaite une année 2008 pleine de... promesses tenues. C’est déjà le bonheur, non ?

25/09/2007

Un drôle d’oiseau

Annie écrit des livres (Cristiana Reali). Jacques (Vincent Elbaz) les signe parce qu’elle « ne supporte pas le regard des autres sur elle », depuis qu’elle a été violée. Elle s’automédicamente aux amphétamines, ce qui est très mauvais pour la santé, tout le monde vous le confirmera. Il veut la désintoxiquer et la prive de son fournisseur habituel, Jeff (Ariel Wizman). Elle se suicide. Il publie ses œuvres complètes en leur rendant le nom du véritable auteur, car il faut que la justice et le bon droit triomphent à la fin .

Autour du couple, José Paul joue le critique ironique, Jean-Paul Muel l’éditeur dépassé par les dettes, Stéphane Boucher l’autre éditeur requin, et  sa fidèle collaboratrice Bénédicte Dessombs. La mise en scène de John Malkovich est fluide, les décors de François Limbosch amusants, les effets spéciaux de Christophe Grelié,  intéressants. Tout cela est très bien, mais sans surprise...

On nous prévient d’entrée, par projection interposée, que le canari est l’oiseau que les mineurs utilisaient pour déceler les gaz toxiques. Dans un boyau, si le canari mourait, il fallait évacuer.  L’oiseau était un repère, son décès un signal d’alerte. Pauvre bête ! Système cruel, mais efficace pour l'homme. Le petit oiseau qui se débat avec la vilaine société, on sait bien qu'il va mourir, que les hommes sont des rapaces...

D’où vient que Good Canary garde son titre anglais ? Mystère ! Car enfin canary  est « un canari », et good  peut se traduire par « bon » en français. En variant la nuance. Ainsi « bon » dans un bon lit signifie « satisfaisant », il peut aussi signifier « efficace » dans un bon remède, « sage » dans un bon conseil, « exact » dans le compte est bon, « apte » » dans bon pour le service, « agréable » dans un bon bain, « heureux » dans bon anniversaire, « drôle » dans un bon mot, « intense » dans un bon rhume, « gros » dans un bon vivant, etc. nous en passons, le Robert en  répertorie de meilleurs.

 

Alors ? Un bon canari ? Un canari efficace ? Un brave canari ? Drôle d'oiseau pour le théâtre !

Mais n’y-a-t-il pas un pékin pour défendre la langue française ?

 

 

 

 

  Un bon Canari  De Zach Helm

 

Adaptation de Lulu et Michael Sadler

 Théâtre Comedia

01 42 38 22 22

 

19/09/2007

Un Ranelagh romantique

Aimez-vous Musset ? Oui, sûrement, vous connaissez la mélancolie masquée de cynisme de ses personnages, la délicate musique de son âme douloureuse, son humour un peu grinçant.

Vous allez le retrouver tel qu’en lui-même dans deux des spectacles que propose Stéphanie Tesson : Histoire d’un merle blanc, adapté du conte éponyme, qu’elle interprète elle-même. Dans le parcours initiatique du jeune merle rejeté par les siens, trahi dans ses amours, affamé de reconnaissance, Stéphanie Tesson passe d’une lumière tragique à un humour désenchanté. Exceptionnelle… comme le merle blanc !

Musset, vous le trouverez aussi dans Fantasio où le rôle titre est dévolu à Nicolas Vaude. Et, pour faire bonne mesure, dans le foyer du théâtre, vous entendrez, en contrepoint, Tout à vous, George Sand, des lettres de George Sand accompagnées des musiques de Mendelssohn, Schumann, Liszt, et Chopin… Autant dire que la rentrée, est, cette année romantique en diable…

Et c’est tant mieux ! Car une cure de Musset vous entraîne inévitablement vers  la « démystification du sérieux » (Max Milner). Injouable au XIXe siècle, parce qu’il ne respectait ni les codes du théâtre de son époque, ni les conventions sociales, le théâtre de Musset s’épanouit en liberté sur nos scènes.

Multiplicité des décors ? Stéphanie Tesson résout le casse-tête du metteur en scène en créant  un lieu neutre, une placette  entre ville et palais, où s’enracine un chêne sec, cousin de l’arbre d’En attendant Godot (décor d’Olivier Balais). Entre ses racines tourmentées, Fantasio (Nicolas Vaude) y dort, et la princesse Elsbeth (Sarah Capony) y essuie furtivement ses larmes. Et, de même que « la dimension d’un palais ou d’une chambre ne fait pas l’homme plus ou moins libre », l’importance d’un décor ne vaut pas le talent des comédiens.

Nombreux personnages ? Les comédiens se dédoublent adroitement interprétant plusieurs rôles secondaires (Mathias Maréchal, Sébastien Pépin). Évident, puisque les déguisements masquent les vraies identités. Le Prince de Mantoue (Frédéric Longbois) est aussi fantoche que son aide de camp (Maxime Lombard). Le Roi débonnaire (Jean-Michel Kindt), -  qui sait bien que « la politique est une fine toile d’araignée dans laquelle se débattent bien des pauvres mouches mutilées » et refuse de sacrifier sa fille à la raison d’État, - agit comme la Gouvernante romanesque qu’il incarne aussi remarquablement.

Et, grâce à un complice, Spak (Olivier Foubert) poète qui ressemble à Musset comme un frère,  ledit Fantasio n’endosse-t-il pas, l’identité du bouffon de cour, Saint-Jean, « véritable Triboulet », plus insolent, moins douloureux que le modèle hugolien ? b39d9c76cd58c96ee5c86e82cbd7e0e7.jpg

Un rôle fait pour l’impertinent Nicolas Vaude qui joue à merveille l’enfant du siècle : un jeune homme désabusé qui plaint la jeune princesse d’épouser « à son corps défendant un animal immonde », mais un être si nostalgique de la gloire impériale qu’il préfère la guerre à une paix de compromission. La princesse sera sauvée d’une union monstrueuse, et donc l’innocence préservée du Mal, du moins, le temps d'une bataille...

Dans cette Bavière rêvée par Musset (1834), il y a du Büchner de Léonce et Léna (1836). Dans la mise en scène de Stéphanie Tesson brillent les vertus d’un art maîtrisé puisqu’il respecte un texte irrespectueux.

Si « un calembour console de biens des chagrins », avec cette soirée Musset, vous oublierez les vôtres…

Histoire d’un merle blanc

à19 h  du Mardi au Vendredi

Tout à vous, George Sand,

le samedi à 19 h

le dimanche à 15 h

le mercredi et le samedi à 17 h

 

Fantasio

à 21 h

Théâtre du Ranelagh

Depuis le 8 septembre

01 42 88 64 44