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17/11/2010

Eh bien, chantez maintenant !

 Gaudiband (Dominique Pinon ) vit à Antony. Il est propriétaire. Comme tous les bourgeois de Labiche. Il n’a pas d’état d’âme, sauf en ce qui concerne son « filleul », Edgard Vermillon (Luc Tremblais) qui pourrait bien être son enfant naturel puisqu’il va lui constituer une rente, et le marier. À qui ? Mais à Julie (Carole Malinaud ) la fille de son ami Gatinais (Philippe Torreton). Née d’un premier lit, la demoiselle n’a que six ans de différence avec la nouvelle Mme Gatinais (Valérie Kéruzoré). Gaudiband est un chaud lapin. Il s’émeut vite devant un jupon. Il tripote les coudes des dames et même des naïves paysannes comme Lucette (Véronique Dossetto). Il est d’ailleurs en bisbille avec son voisin, Blancafort, à cause des statues « d’art antique » dont les nudités choquent les dames…

Et comme Edgard a des ambitions judiciaires, comme Gatinais se mêle de vouloir tirer sur le chat et blesse un quidam, le tailleur Geindard (Louis Merino) qui passait par là…Voilà notre bourgeois avec « un pied dans le crime »…C’est d’autant plus fâcheux qu’il vient justement d'être nommé juré, et ô dilemme ! tel le juge Adam de La Cruche cassée  de Kleist, il doit juger un innocent et se taire sur le coupable. Et le roublard Poteu (Jean-Pol Dubois), le jardinier de Gaudiband en profite !

On sait que « l’étude du bourgeois » », cette « perle de bêtise » occupe toute l’œuvre de Labiche.

Jean-Louis Benoit s’en donne à cœur joie dans la caricature. Moins de figurants dans les scènes du troisième acte mais des petits rôles finement concentrés et admirablement tenus par Karen Rencurel.

Coiffés et vêtus (maquillage et perruques Cécile Kretschmar, costumes Marie Sartoux) à la manière des gravures de Daumier, bourgeois et gens de justice s’agitent comme des pantins dans les décors de Jean Haas. Étienne Perruchon a écrit une nouvelle musique pour que le public reprenne les couplets en chœur avec les comédiens.

 Ainsi faisait-on au Palais-Royal en1866 quand le public populaire s’entassait au paradis.  

Ainsi retrouve-t-on la gaîté d’un divertissement bon enfant quand les comédiens donnent le meilleur d’eux-mêmes pour plaire à tous. Ces bourgeois vous paraissent stupides, ces avocats ridicules, ces domestiques bornés ? Vous en avez bien ri ? Eh bien, chantez maintenant !

 

 

 

 

Un pied dans le crime d’Eugène Labiche 

(écrite en collaboration avec Adolphe Choler)

Théâtre National de Bordeaux, puis à La coursive de La Rochelle

Tournée

Istres le 20 novembre 2010

Alès du 25 au 27 novembre 2010T

Nantes du 2 au 10 décembre 2010

Blagnac du 15 au 19 décembre 2010

Compiègne les 6 et 7 janvier 2011

Meylan les 11 et 12 janvier 2011

CDN d’Aubervilliers Aubervilliers du 18 au 22 janvier 2011

Nice du 26 au 30 janvier 2011

Villefontaine du 2 au 4 février 2011

Villefranche du 8 au 10 février 2011

Décines les 15 et 16 février 2011

Carcassonne le 19 février 2011

Privas les 24 et 25 février 2011

 

 

 

 

09:07 Écrit par Dadumas dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer

15/11/2010

Misandrie joyeuse

Nouara Naghouche est AA.

Lisez : « Alsacienne arabe ».

Et vous savez, demande-t-elle, la différence entre un arabe et un alsacien ? Réponse : « l’Arabe parle français ». Oh ! Pas celui de l’Académie, mais quand elle raconte la vie à Colmar, tout le monde la comprend.

Zoubida, bouclée dans son F5, est soumise à la brutalité de Rachid, Marguerite la xénophobe subit un René pas très net, et Marie-France, « d’origine sociale privilégiée » s’épanouit depuis qu’elle s’est libérée de son mari. Par petites scène crues, violentes, gouailleuses, Nouara Naghouche raconte avec humour le quotidien des femmes, leurs sacrifices, leur misère, et la violence des mâles qui les oppriment. sacrifices.jpg

Avec sa misandrie joyeuse,  elle est épatante cette petite femme-là !

Vêtue d’un survêtement dépareillé, elle mime les situations et change de personnalité au gré des histoires de sa cité. Les textes qu'elle cosigne avec Pierre Guillois, qui met en scène, finissent par se recouper pour un réquisitoire en forme de…plaidoyer…

Le spectacle est dû à "une initiative de Matthew Jocelyn". Il s'en passe des choses à l'Atelier du Rhin...

 

 

 

 

 

 

Sacrifices de Nouara Naghouche et Pierre Guillois

Théâtre du Rond-Point

01 44 95 98 21 

Jusqu’au 28 novembre à 18 h 30

 

 

 

Sacrifices

 

 

Photo : © Brigitte Enguérand

07/10/2010

La fascination du pire

Les femmes aiment qu’on ait besoin d’elle. Cette nécessité leur donne un but dans l’existence. Anne (Catherine Hiegel) se sent inutile. Les deux enfants qu’elle a élevés sont grands. Pierre, son mari (Jean-Yves Chatelais) est très occupé par sa carrière, Nicolas, son fils (Clément Sibony) vit une histoire d’amour avec Élodie, sa fille Sarah ne vient plus la voir. Quelle femme résisterait à cet abandon ? Quelle mère accepte d’être ainsi rejetée ?

Entre paroles dites et non-dits supposés, elle fantasme, imagine, ratiocine.

L’auteur, Florian Zeller sait parfaitement raconter la dualité des êtres et des situations, l’inanité de l’amour maternel dévorant, « la fascination du pire ». Marcial Di Fonzo Bo a imaginé un espace double, métaphore la dualité de la Mère. Le décor clair, d’Yves Bernard, cache une chambre secrète, où, derrière un rideau de tulle, les protagonistes rejouent une réalité distordue, repeinte aux couleurs d’une imagination malade.

Catherine Hiégel est cette femme qui souffre, et ses cris de douleur et d’amour, cette voix qui se brise, ce corps qui ne se soutient plus, c’est celui de la Mère que quittent l’amour, les enfants, la jeunesse. Elle tend à toutes celles qui la regardent, dans la salle obscure, le miroir de leur déchéance. Quelle est celle qui n’a pas eu, dans cette descente solitaire, la tentation de noyer son chagrin dans l’éternel sommeil ?

Enfant cruel ? Mère victime ? Personne n’est coupable. Nous sommes tous condamnés à vivre, et les mères à vieillir « tristes et seules », à se débattre entre peurs et regrets, comme Anne.

Les comédiens sont admirables, la mise en scène éclaire un texte d’une grande puissance. On aimerait voir plus souvent des œuvres aussi profondes…

 

 

 

La Mère de Florian Zeller

Petit Théâtre de Paris

01 48 74 25 37

21h