28.02.2007
Et l’éducation artistique et culturelle ?
Les candidats à l'élection présidentielle nous parlent de l’éducation, ils nous parlent peu de la culture, et encore moins de l’éducation artistique et culturelle et de l'accès à la culture.
Le Forum Permanent pour l’Education Artistique (FPEA) leur a adressé un questionnaire concernant l’éducation artistique et culturelle des jeunes.
Le Forum Permanent pour l’Education Artistique (FPEA) regroupe plusieurs associations, structures culturelles, syndicats d’enseignants et d’artistes, syndicats d’employeurs, fédérations de parents d’élèves soucieux du maintien et du développement de l'éducation artistique et
culturelle dans notre pays.
Il est urgent que les candidats se positionnent sur la question essentielle de l’éducation artistique et culturelle.
Jeudi 15 mars au Théâtre national de la Colline à Paris à 17h
Entrée libre sans inscriptions dans la limite des places disponibles
16:05 Publié dans culture, éducation, langue, Loisirs, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : culture
Au nom de la République
Le théâtre était à l’honneur aujourd’hui rue de Valois. Ou plutôt, les hommes de théâtre auxquels M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture, remettait l’ordre des Arts et Lettres : Bernard Sobel, promu commandeur, Jean-Paul Alègre nommé chevalier.
Bernard Sobel, fondateur du Théâtre de Gennevilliers a été pendant plus de quarante ans l’âme de cette banlieue populaire où il créa des spectacles exemplaires.
Il ne s’agissait pas selon lui de donner du sens à la vie, mais de montrer que même si la vie n’a pas de sens, le théâtre lui donne de la valeur.
Quant à Jean-Paul Alègre, il osa le paradoxe de juger le théâtre « inutile et indispensable ».
C’est pour ces raisons, que je blogue, voyez-vous.
Et que je félicite ceux qui viennent d'être ainsi distingués par la République.
15:50 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Théâtre
22.02.2007
Les Brigands sont de retour
Ces brigands-là, on les adore, ils vous mettent la joie au cœur et aux lèvres, et une représentation de leur compagnie vous laisse heureux au présent et confiants dans l’avenir. On les avait découverts avec Docteur Ox, suivis avec Ta bouche et Toi c’est moi. Cette année ils ont choisi un opéra bouffe de Jacques Offenbach dont le titre rejoint l’intitulé de leur troupe : Les Brigands.
L’œuvre est écrite pour plus de trente interprètes, ils ne sont que quinze, qui dialoguent avec une quinzaine de musiciens, Thibault Perrine a donc élagué pour adapter, et le résultat donne ainsi plus de force à cette satire qui date de 1869 et se lit comme la joyeuse parodie d’un empire chahuté par des scandales financiers.
Le livret de Meilhac et Halévy tricote une intrigue amoureuse à gros points, se souvenant de Corneille : « Jeune présomptueux ! », « As-tu du cœur ? », et de L’Ecclésiaste : « S’il est un temps pour la parole, il en est un pour la prudence ». La fille du brigand Falsacappa est amoureuse d’un jeune paysan qui s’enrôle dans la bande de son père. Mais « le sentier de la vertu » emprunte quelquefois des détours inattendus, et elle sauve un jeune aristocrate qui se révèle être le prince de Mantoue, lequel doit épouser la princesse de Grenade afin de régler les dettes de son royaume : trois millions, que Falsacappa espère bien encaisser pour son compte puisque « Il faut voler selon la position qu’on occupe ». Travestissements des bandits, corruption des puissants, inconstance des amoureux, et morgue des Espagnols, les ingrédients étaient déjà dans La Périchole, et la recette est toujours goûteuse.
La musique assaisonne les mets d’une sapidité piquante. Benjamin Lévy, Prix de la révélation musicale 2005, conduit l’orchestre avec une allégresse qu’il communique à tous. Loïc Boissier et Stéphane Vallé mettent gaillardement en scène, dans une scénographie à transformations signée Florence Évrard. Élisabeth de Sauverzac a habillé de costumes disparates non seulement les bandits mais également les musiciens. Quant aux nobles espagnols, tout droit sortis d’un tableau de Vélasquez revu par le Gérard Oury de La Folie des grandeurs, le noir brodé d’argent leur sied à merveille. Tous sont gentiment extravagants.
Et les voix peuvent vocaliser, les chœurs tonitruer ou chanter en sourdine, piano, pianissimo, le public est conquis. Comment résister aux voix charmeuses d’Emmanuelle Goizé en Chérubin séducteur ? À celles de Marie-Bénédicte Souquet, Charlotte Plasse, Camille Slosse, Ainhoa Zuazua Rubira, Jeanne-Marie Lévy, toutes enchanteresses ? Jean-Philippe Catusse, Gilles Favreau, Ronan Nédélec barytonnent chaudement, Mathieu Cabanès, Christophe Crapez, David Ghilardi, Olivier Hernandez, sont des ténors troublants, et Christophe Grapperon, Matthieu Heim, Jacques Gomez sont des basses qui font palpiter les sens.
Ces Brigands sont de bonne compagnie, et leur succès, ils ne l’ont pas volé !
Les Brigands de Jacques Offenbach Athénée
jusqu’au 4 mars 01 53 05 19 19
et en tournée en France (Lannion, Chelles, Narbonne, Marseille, Arras, Beauvais, Niort, Nîmes, Saint-Louis) et en Suisse
20:40 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Théâtre
20.02.2007
Le désert est dans les coeurs
La propriété est ceinte de hauts murs. Les portes qui la ferment sont étroites et la famille Serpenoise les garde bien closes afin que ses secrets ne s’échappent pas. Quinze ans auparavant, Mathilde (Martine Chevalier), la fille rebelle et déshonorée, avait fui. Aujourd’hui, elle a quitté l’Algérie en guerre pour revenir chez elle, avec ses deux enfants, Édouard (Thomas Blanchard) et Fatima (Julie Sicard), bien décidée à récupérer sa maison, régler ses comptes avec son frère Adrien (Bruno Raffaelli) et les notables de la ville, ses ennemis. Adrien pense qu’elle revient dans cette demeure pour « la sécurité », mais elle le détrompe d’entrée : « Je viens ici apporter la guerre »
Adrien pontifie entre un fils attardé, Mathieu (Grégory Gadebois) et sa seconde femme Marthe (Catherine Hiegel) qui a l’éthylisme mystique. La gouvernante, Madame Queuleu (Catherine Ferran) voudrait bien réconcilier la sœur rancunière et le frère perfide, « plus de chamailleries », dit-elle, mais en vain. Ces deux-là ne se cherchent que pour s’insulter, et s’opposer. Et autour d’eux, rien n’incite à l’apaisement. Trop de mystères inexplicables entourent cette fratrie antagoniste. De qui sont les enfants de Mathilde ? Comment Marie (Catherine Sauval), la première femme d’Adrien est-elle morte ? Pourquoi Plantières (Michel Vuillermoz) a-t-il désigné Mathilde à la vindicte populaire ? Quel complot les amis d’Adrien, Sablon (Pierre-Louis Calixte), Borny (Alain Lenglet) et Plantières fomentent-ils dans cette petite ville de garnison ?
Il se passe « des choses étranges dans cette maison », Mathilde déchaîne les querelles, Fatima s’attarde dans le jardin où le fantôme de Marie apparaît, Mathieu et Édouard franchissent le mur pour découvrir la ville avec Aziz (Michel Favory), tandis qu’un grand parachutiste noir (Bakary Sangaré) admoneste Adrien au nom de la Patrie : « Nous en sommes le cœur et les poumons, vous les bourgeois, vous en êtes les intestins », avant de réclamer « les femmes ». Le crime rôde. La haine assèche ces cœurs stériles. Adrien et Mathilde n’écoutent personne et pensent que « la vraie tares de (leurs) vie, ce sont (leurs) enfants ». Des gifles pour Mathieu, pas un regard pour les nouveau-nés de Fatima, pas un mot de regret pour Aziz tué dans un attentat : le désert est dans les cœurs.
Bernard-Marie Koltès avait écrit une comédie noire, et Muriel Mayette la traite avec une virtuosité exceptionnelle. Elle révèle le côté farcesque et tragique des protagonistes, enfants shakespeariens au centre d’un drame qu’ils ont provoqué et qui les dépasse. Derrière le mur qui cache l’horizon, l’arbre mort d’En attendant Godot, dresse son squelette grisâtre, pour mieux accrocher l’apparition d’une Marie en robe et auréole saint-sulpiciennes (scénographie et lumières d’Yves Bernard). Les amis séditieux d’Adrien ressemblent aux Pieds Nickelés : Croquignol, Filochard et Ribouldingue de province dont les petites turpitudes confortent les grandes fortunes, pantins qui soutiennent des sociétés closes et corrompues. Les acteurs sont tous excellents, leurs propos sont soulignés par une musique qui ricane (Michel Portal) sur des dysharmonies goguenardes.
Retour au désert entre brillamment au répertoire et les ombres de Jean-Luc Boutté, de Richard Fontana, d’Antoine Vitez et de Jacques Toja qui ont tant aimé Koltès et cette maison, doivent se réjouir de cet honneur.
Retour au désert de Bernard-Marie Koltès
Comédie-Française Salle Richelieu
en alternance 0825 10 16 80
www.comedie-francaise.fr
11:30 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Théâtre
15.02.2007
Guitares en folie
On connaissait la guitare sèche et la guitare électrique, avec Olé, j’ai découvert la guitare fumante : celle de Paul Morocco, un plantureux gaillard qui pète le feu et dont le caractère est aussi vif que le rouge de sa redingote. Il tyrannise ses complices, Guillermo de Endaya, qui voudrait jouer les crooners, et Antonio Gomez les latin lovers. Il est hargneux, imprévisible, irascible et jaloux.
Mais en réalité, rien de sérieux, c’est tout pour rire ! Guillermo vient de Bilbao. Antonio a quitté La Havane depuis plus de dix ans, et Paul, Cajun par son père et Marocain par sa mère avait choisi l’Angleterre. Ils sillonnent ensemble l’Europe. Et le trio interprète avec brio un numéro de clowns guitaristes assez déjantés.
Sollicitant le public, ils obtiennent aisément sa complicité, et la soirée, est placée sous le signe de l’humour autant que sous celui de la musique. Ils sont virtuoses et leurs voix sont profondes, on aimerait qu’ils chantent encore. Ils multiplient les gags, jonglent, imaginent des accessoires délirants, et on passerait bien la nuit à s’amuser de leurs trouvailles. Car avec eux, « Olé ! », les guitares en folie passent de la salsa au flamenco, du jazz au folklore, des romances slaves au pop américain, et d’Antonio Gadès au Marx Brothers.
Avec Olé !Y’a d’la joie !
Olé
À la Nouvelle Ève
du mercredi au samedi à 21 h 30
dimanche à 16 h
Jusqu’au 11 mars
08 25 01 75 75
20:40 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Théâtre
14.02.2007
Le onzième jour
Dans le foyer du Théâtre de la Madeleine, Bernadette Le Saché et Jean-Louis Bauer, épouse et mari à la ville, jouent les amants terribles à la scène, « sous le regard amical de Stéphanie Tesson et Michel Couvelard ». Il est passionné, elle est raisonneuse. Il est lyrique, elle ratiocine. Il a de l'humour, elle a mauvais caractère.
Dix jours ensemble raconte cette querelle d’amoureux qui au bout de dix jours parviennent pourtant à s’étonner l’un l’autre… Sous la scène de ménage couve une maladie mortelle pour les couples : la terrible censure d’une époque qui aime les blasés, les cyniques, les sans cœur et dans laquelle « le manque de paroles d’amour » est si banal, que les mots « je t’aime » deviennent des armes dangereuses.
Jean-Louis Bauer quitte tout réalisme et laisse venir à lui, et à nous, l’imaginaire bienfaisant qui explore les songes et les sentiments. Il est doux, dans ces grands théâtre, de trouver des plages modestes et qui, sans autre ambition que de vous divertir, donnent aussi à rêver.
Dix jours ensemble de Jean-Louis Bauer
Théâtre de la Madeleine
à 19 h jusqu’au 23 février
01 42 65 06 28
10:50 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre
09.02.2007
Une auteure à découvrir
On voit quelquefois des pièces de théâtre dont le succès doit plus à leurs interprètes qu’à leur auteur. L’intrigue brinqueballe, l’action se délite, les personnages s’égarent. Aussi, quel bonheur pour le spectateur, de découvrir un texte où l’intrigue rebondit d’elle-même, où l’action reste en suspens jusqu’à la dernière minute, où les personnages maîtrisent leurs ambivalences et leurs contradictions jusqu’au bout ! C’est ce qui se passe aujourd’hui avec L’auteure de Anne Fabien, une jeune auteure qu’il faut se hâter de découvrir.
La situation de départ est assez banale : Philippe, un cinéaste (Nicolas Vial) reçoit une Elsa, une jeune comédienne (Laure Dedieu) pour un essai. Il s'agit de tenir le rôle titre dans une saga consacrée à une héroïne de la Résistance amoureuse d’un officier allemand. Mais les personnages sont doubles, voire triples, et le doute s’insinue. Le spectateur n’est pas au bout de ses surprises.
Les deux comédiens qui occupent le plateau sans discontinuer rendent vraisemblables chacune des incarnations. Laure Dedieu joue pour la première fois à Paris, elle est extraordinaire de naturel. Son partenaire a plus de métier, et tous deux forment un couple idéal, naviguant entre douceur, angoisse, méchanceté, humour… Bruno Balp les a dirigés avec fermeté et sobriété, dans cette comédie grinçante, solidement construite, et passionnante de bout en bout. Jean-Baptiste Manessier avec un décor élémentaire dessine un univers où ne manque aucun accessoire.
C’est une excellente soirée qui mérite le déplacement vers l’Aktéon.
C’est un petit théâtre ? Oui, où est le problème ?
L’auteure de Anne Fabien
Aktéon Théâtre
du 7 février au 10 mars
01 43 38 74 62
Du mercredi au samedi à 21 h 30
21:10 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre
Irrésistible jalousie
Vous vous souvenez certainement d’Albert, ce bourgeois qui convoite une décoration et qui, parce qu’il a été infidèle, soupçonne Marthe, sa femme, tant et si bien qu’il finit par la pousser dans les bras de Lézignan. Vous vous rappelez la dernière réplique : « Ça y est… je le suis ! » et sa joie d’être... décoré enfin, tandis que la salle s’esclaffe parce que « Ça y est, il l’est… cocu ». C’était irrésistible et Sacha Guitry, avec Jalousie donnait une de ses plus belles comédies.
Aujourd’hui, les bobos travaillent, et dans Irrésistible, Fabrice Roger-Lacan imagine un jeune avocat et sa compagne, une jeune éditrice passionnée par l’auteur qu’elle va éditer. Que croyez-vous qu’il advienne ? Lui est de ces jaloux à « la cervelle malade de taliban napolitain », qui se transforme en juge d’instruction, en psychiatre fouineur, et torture sciemment une femme jusqu’à ce qu’elle craque. Et Elle part, avec l’autre… Car aujourd’hui, les femmes sont libres. « Quel con ! » se dit trop tard, le jaloux… Heureusement, le travail l’occupe, et le procès du Mexicain cannibale lui sert de divertissement pascalien… Mais rassurez-vous, Elle revient. Dix mois plus tard, mais qu’importe, puisqu’ils retombent dans les bras l’un de l’autre, irrésistiblement.
Virginie Ledoyen donne à son personnage fraîcheur et sensualité, et Arié Elmaleh met beaucoup d’élégance dans sa cruauté. Isabelle Nanty les dirige avec art dans le décor d’Édouard Laug : une pièce lumineuse en pan coupé, sorte de mirador d’où le jaloux peut épier les deux côtés de la rue. Une bande son rythme les scènes avec le bruit amplifié des battements de cœur déclenchés par les poussées d’adrénaline, quand l’émotion de l’accusateur est à son comble. L’auteur abuse un peu du téléphone et les conversations croisées de la dernière séquence finissent par parasiter la compréhension, mais n’en est-il pas de même dans la rue, l’autobus, le bureau, et même chez soi, aujourd’hui ? Et il faut bien aider un peu l’action qui, avec seulement deux personnages, a besoin de relais extérieurs. La comédie est habile et les comédiens… irrésistibles.
Irrésistible de Fabrice Roger-Lacan
Théâtre Hébertot
01 43 87 23 23
11:05 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : théâtre
07.02.2007
Le Off de Paris
Art Nécro ? Non, ce n’est pas la nécrologie du Théâtre qu’annonce Tallia, un nouveau lieu situé dans le XIIIe arrondissement, mais plutôt la volonté de le faire vivre dans de petites salles de quartier, imaginant ainsi des lieux de rencontres, des espaces conviviaux, des tremplins pour de jeunes compagnies à la recherche d’un public.
Catherine Morela, y présente Art Nécro. C’est sa première pièce. Elle a choisi le genre policier, cher à Robert Thomas. Beaucoup de cadavres, mais pas d’inspecteur. Ce n’est pas la recherche du criminel qui l’intéresse, mais la raison pour laquelle il tue.
Près de la douce Marion (jouée par l’auteur) qui court après l’amour, se dresse l’ambitieuse Élise qui court après la gloire et a organisé un festival sur une île presque déserte. Avec l’arrivée d’un couple qui n’était pas invité, le beau jeune premier Rocco (Loïc Porteau) et une jeune réalisatrice Agate (Isabelle Lavilette), la belle organisation se détraque, et tourne au drame.
Nous n’en dirons pas plus sur l’intrigue, il ne faut jamais dire qui est l’assassin. Ne parlons que de la jeunesse de la troupe et de la sympathie qu’elle dégage. C’est un peu Avignon Off en plein Paris. L’auteur a le sens du suspens et sait manipuler les êtres qu’elle imagine. Les acteurs qui se sont connus au cours Florent, cherchent encore un peu leur rythme, mais ils ont de la présence, du charme, et le métier s’acquiert en jouant, n’est-ce pas ? Il faut donc occuper la scène, répéter, se montrer, travailler, quoi ! C’est ce qu’ils font, et sans autre prétention que de vous divertir. Ils y réussissent.
Art Nécro de Catherine Morela
Tallia théâtre
40 rue de la Colonie
75013 Paris
www.talia.fr
10:55 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : théâtre
03.02.2007
Tranches de fiel
Plus de Catherine Deneuve, mais, toujours en Arlésienne, une vedette, Isabelle Huppert, reine à la scène comme à l’écran, celle dont rêve Cardélio (Zazie Delem) la critique dramatique qui s’écoute penser. Car l’action ne se situe pas dans une famille ordinaire, mais dans celle des rédactions et les journalistes ne dépareraient la famille des Atrides. Gleçouster (Marc Duret) intrigue, tandis que Montépulet (Romain Apelbaum) aux abois cherche des sujets, des idées, des supports, et ne les ayant pas, les barbotent aux autres… Le spectateur assiste à des tranches de vie, vraies tranches de fiel, des scènes courtes, réglées comme des ballets où s’entrecroisent les cyniques, les ambitieux, les cuistres. L’ascension de l’un signe la disgrâce de l’autre.
Sophie Artur passe avec aisance d’un rôle à un autre, il faut la voir en Grande dame du Théâtre français très durassienne, en rédac’ chef plus vraie que nature, et en conseillère du ministre lénifiante. Hervé-Claude Ilin caricature « l’auteur vivant contemporain » avec gourmandise, puis rapplique allégrement en journaliste ou en huissier. Les acteurs sont épatants dans cette satire où chacun essaie de reconnaître ceux qu’il a croisés… Le regard de l’auteur manque de confraternité ? Ne serait-ce pas plutôt la profession qui en manque ? Pierre Notte n’est pas méchant, mais simplement ironique. Il connaît bien le milieu, il a été chroniqueur dans différents organes de presse. À la manière d’une revue de cabaret, il montre, leur vanité, et leur insignifiance aussi. Il manque quelques couplets, mais ça peut sûrement s’arranger…
Journalistes de Pierre Notte
Théâtre Tristan Bernard
Réservations : 01 45 22 08 40
12:45 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Théâtre

