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02/07/2006

Sur la piste des jeunes talents

 

 

Ce début d’été est propice à la découverte de jeunes talents. Outre les journées des conservatoires, les jeunes comédiens frais émoulus des diverses écoles et désireux de se révéler aux publics, se constituent en compagnies aux noms insolites et railleurs : « compagnie hihan » (qui n’a rien d’une asinerie), « compagnie un ange passe » (qui cultive le diabolique), « compagnie T’occupe pas du Chapeau de la Gamine » (qui s’occupe des fourberies d’aujourd’hui).

 

Bien entendu, ces jeunes gens « rament », car les journalistes spécialisés tartinent déjà sur Avignon et Aix, les acheteurs font leur comptes avant de partir pour les marchés des festivals, les directeurs sont revenus de Londres et de Broadway où on leur a montré les productions à succès. Pourquoi s’intéresseraient-ils à des inconnus qui jouent les pièces d’auteurs inconnus ?

 

Ainsi va la Renommée. Or, ils ne seront connus que si on parle d’eux.

 

Vous qui vous branchez sur ce blog, et qui semblez appartenir à une espèce rare : le spectateur curieux, voici deux adresses si vous restez à Paris. 

 

Et si vous allez en Avignon, le journal du Off vous en donnera d’autres.

 

 

Compagnie « un ange passe »

 

Percolateur’s blues de  Fabrice Melquiot

 

Théâtre des Déchargeurs à 20 h

 

Reprise du 29 août au 7 octobre

 

0892 70 12 28

 

 

Compagnie T’occupe pas du Chapeau de la Gamine

 

Ahmed le subtil  d’Alain Badiou

 

Vingtième Théâtre à 19 h

 

01 43 66 01 13

 

21:42 Écrit par Dadumas dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer

29/06/2006

Des Invisibles très présents




Pierre (Vincent Damon) et Suzanne Reloire (Florence Dupuy) reçoivent… La maîtresse de maison vit un cauchemar : la fermeture de sa robe est coincée, son dos est à nu, elle perd du temps et le rôti sera trop cuit. Les invités vedettes, Le Grand et Le Petit, se sont décommandés et il manque une chaise. On a pourtant tout rassemblé, du fauteuil Voltaire à la chaise haute pour bébé en passant par le tabouret de piano ! Ils arrivent : convives hétéroclites pour sièges mal assortis. Colette (Alexandra Fournier) vit dans l’angoisse et Pauline (Alicia Trueba Toca) entre deux hommes : Martin (Salem Kali) et Raoul (Maxime Nourissat). Elle pense si fort à lui, que son seul désir le convoque, en chair et en sourires sur la scène… Quant à ceux dont on parle, les « invisibles », Grand et Petit, ils seront présents par le biais de la femme qu’ils ont aimée : Florence (Anne Agbadou-Masson). Mais Madame Sangré (Julie Moulier) qui part en retraite n’a pas du tout les mêmes aspirations que Michèle (Marie Dupuis) qui voudrait bien devenir mère et fait sans vergogne des propositions aux mâles, Jean (Thomas Fitterer), Martin, Raoul et même Pierre ! L’échange volatil des propos futiles construit peu à peu une intrigue, un univers.
Tout ce petit monde se retrouvera le lendemain au musée, devant les monochromes du Petit…
L’auteur, Bernadette Le Saché brode des variations surréalistes dans sa peinture de société. La metteuse en scène, Sophie Pasquet en souligne la poésie et l’humour. Des costumes (Clémentine Henrion), astucieusement recherchés, composent des tableaux charmants. Les interprètes sont jeunes et talentueux. Une vidéo de Stéphane Bève les présente tous de façon réjouissante, complétant un joli travail d'équipe. 
La Foire Saint-Germain leur donne la chance d’être vus trois fois. Qui prendra le relais ?





Les Invisibles de Bernadette Le Saché
Foire Saint-Germain
Salle des fêtes
Jeudi 29 et vendredi 30 juin à 20 h 30

17:35 Écrit par Dadumas dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer

23/06/2006

Jeux et Joutes liminaires

Elles n’ont pas encore revêtu leurs habits de lumières, mais elles sont déjà dans l’arène.
Elles entrent, elles se jaugent, plantent les premières banderilles, avant de se porter les premiers coups bas. Ce sont les joutes liminaires qui préludent aux jeux de scène, aux répétitions d’une pièce, sur le plateau encore désert d’un théâtre vide, avec comme seul témoin, invisible, un régisseur lumière qu’elles appellent « Baptiste ».
Elles ? Deux monstres que le public appellent « sacrés » : une comédienne célèbre, Hortense, et une auteure (comme on écrit aujourd’hui) illustrissime, Gertrud. Prononcez Guerrrtrroud », sinon, elle vous méprise.
Victor Haïm connaît bien ces femmes du sérail dramatique. Deux fières emmerderesses qui manient les superlatifs et basculent de l’amour passionné à la haine vindicative pour « un oui, pour un non », comme aurait dit une autre illustrissime. Il sait que de ces conflits naît l’émulation, et que le désir de se surpasser, de prouver à l’autre qu’on est « la meilleure », qu’elle ne vous a pas choisie, mais que vous êtes « l’élue, fabrique les grands artistes.
« Commençons », disent-elles, mais la répétition est sans cesse différée. Hélène Arié, dans son trench rouge est la passion et Catherine Lombard en salopette bronze est la rigidité (costumes de Thomas Gouès). Chacune, en aparté rend le public complice : « elle est d’une vulgarité », dit Gertrud. « Elle me fait positivement chier », confie Hortense… qui affiche un sourire serein.
Hortense ne dédaigne pas jouer dans des séries populaires de la télé, et elle est la maîtresse du ministre de la police. Il y a toujours un Big Brother qui veille dans une pièce de Victor Haïm. Gertrud est une intello pure et dure, qui « écrit pour ne pas mourir », et qui affiche son homosexualité. Tout les oppose : leur carrière comme leur vie privée. Mais elles se complètent parfaitement, et savent qu’elles ont besoin l’une de l’autre.
Jeux de scène est un moment conflictuel nécessaire, pour que, au final, la pièce soit un chef d’œuvre. Et la mise en scène de Jean-Pierre Andréani, dans sa rigueur austère réussit ce bel ouvrage…
Ils jouent tout l'été, les Parisiens bronzeront intelligents.


 Jeux de scène de Victor Haïm

Théâtre Noir
Lucernaire du mardi au samedi à 18 h 30

11:44 Écrit par Dadumas dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer