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22/06/2006

Grand répertoire

Le programme de la Foire Saint-Germain annonçait « théâtre des écoles ». Mais surprise ! Cabaret : Le Jeu prend la note n’a rien d’une revue de fin d’années et les élèves du Conservatoire du XIIIe arrondissement ont déjà tous l’étoffe de personnages de grand répertoire. Ils disent des textes de poètes, Boris Vian, Jacques Brel, Barbara, Aznavour, Boby Lapointe, Yvette Guilbert, ils les chantent, ils les jouent, car ces chansons-là étaient de véritables drames, ou de courtes comédies.
Avec ces jeunes gens renaissent les amoureuses abandonnées, et les garces qui les vengent. Voici les amants infidèles, les tristes filles de joie, les mufles ou les timides. Voici surtout des génies du théâtre qui d’une chaise et d'un chapeau composent un univers, d’un regard changent de peau, d’un mot bondissent hors de la réalité.
Les élèves de Christine Gagnieux, avec un pianiste, Alberto Tibiri, ont orchestré une soirée enchantée : Calypso Baquey, Dominique Llorca, Colin Rey, Ariane Pawin, Marie Champenois, Raphaël Magnin, Emmanuelle Josse, Annabel Jaccard, entouraient de leurs jeunes talents, ceux déjà confirmés d’Elsa Hamnane (qui joue aussi du violon), Kamel Isker, Antoine Guiraud, Élise Marie, Charlotte Azan, qui sont des graines de poètes, des magiciens du rêve.
On les imagine déjà chez James Thierrée, chez Demarcy-Mota, à la Comédie-Française. Merci donc aux organisateurs de la foire Saint-Germains de nous les révéler.
Et si vous voulez les retrouver, Antoine, Kamel, Elsa, Élise et Charlotte feront des lectures pendant le salon du Théâtre, les 23, 24 et 25 juin.

 

Foire Saint-Germain

Place Saint-Sulpice

17:25 Écrit par Dadumas dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer

31/05/2006

Pour l’amour des Grecs

 

Léna (Marianne Basler) et Alain (Xavier Gallais) s’étaient connus à Delphes, à la fin de leurs études, et leur amour de la civilisation grecque antique les a rapprochés. Ils ont partagé le même sac de couchage, mais ils n’ont jamais couché ensemble. Alain revendique son homosexualité, et s’il vient dîner chez Léna, c’est parce qu’il éprouve un désir violent pour Henri (Jean-Michel Portal), le mari de Léna.
On reconnaît dans Les Grecs l’univers de Jean-Marie Besset, construit sur ses admirations, ses penchants et ses choix. Il reprend aussi les propos de Michel Vinaver comparant  le cheval de Troie aux avions s’écrasant sur le World Trade Center. Guerre éternelle de l’Occident contre l’Orient pour Jean-Marie Besset, nouveau mythe pour Vinaver.
Le vin est capiteux, on boit beaucoup, les propos s’égarent, se cristallisent autour d’Achille et de Patrocle et les appétits sexuels s’exacerbent. Alain ne cache rien de ce qui l’anime, et Léna se fait provocante. Mais celui qui va jouer le rôle du cheval de Troie dans cette villa tranquille de bobos de la banlieue Ouest, c’est un jeune Arabe. Osman (Salim Kechiouche) vient chercher Alain chez qui il vit. Ainsi, Alain est en contradiction avec ses propos : « pas de PACS […] pas de pax romana ». Léna, comme Hélène, (Léna n’est-il pas un diminutif de ce prénom ?) enlève ce beau Pâris tandis qu’Henri cède à l’amour grec d’Alain.
Le décor rouge et gris de Serge Coiffard, conçu sur deux plans pour cette maison d’architecture moderne, souligne les propos que tiennent les protagonistes. Gilbert Désveaux y présente avec une grande finesse, un étage pour l’intime, un rez-de-chaussée pour les invités. Il dirige avec pudeur les outrances de l'instant où tout bascule dans la nuit américaine de Frank Thévenon qui règle les lumières. Les amis deviennent amants. Ce n’est pas une partouze, ni une orgie, juste l’abandon d’un « samedi soir ». Le lendemain, Henri et Léna se jurent de « ne plus recommencer », tandis qu’Osman quête en vain un geste de tendresse. Alain affiche un peu trop son cynisme, fabrique trop de bons mots pour qu’on ne se demande pas quelle est sa secrète blessure. Xavier Gallais est parfait dans ses propos sournois. Chaque comédien joue sa partition avec justesse. On devine que la satisfaction des sens conduit chacun au regret, à l'échec.

Car pour l’amour des Grecs, faut-il se contenter du plaisir physique ?

 





Les Grecs de Jean-Marie Besset
Petit-Montparnasse
Du mardi au samedi à 20 h 30
01 43 22 77 74

16:33 Écrit par Dadumas dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer

29/05/2006

Mozart pour la vie…

 

On savait Eric-Emmanuel Schmitt devenu évangéliste au Théâtre Montparnasse. Aujourd’hui, il est adorateur de Mozart, mais toujours avec Dieu qui lui fait signe à travers sa musique. Dans Ma vie avec Mozart, il explique comment Mozart sauve les adolescents des idées morbides et leur apprend à aimer la vie.

Didier Sandre dans le rôle du narrateur, est éblouissant et tendre: nous voilà convertis. Le comédien n’est pas seul en scène, en alternance Françoise Masset, Francesca Congiu, Cécile Côte (chant), Christine Icart, Martine Blot, Françoise de Maubus (harpe), Philippe de Deyne, Laurent Hemerick, Francis Prost (clarinette), et des airs choisis de Mozart, sur une mise en scène de Christophe Lindon qui privilégie la simplicité.

Le décor de Sophie Jacob présente sur le fond de scène une sorte de mur à trois portes, tour à tour écran pour des projections (forêt, partitions, frontiscipes, gravures), et dont l’enroulement à jardin, figurera une tour. Didier Sandre parle au proscenium, la cantatrice porte les gants de Gilda, les musiciens jouent à cache-cache entre cloison et portes. Une servante entretient la lumière de l’esprit, celle de la scène est signée Marie-Hélène Pinon.
C’est un moment délicieux, une « fantaisie » pleine de grâce. On n'a pas besoin de connaître la musique pour comprendre.




Théâtre Montparnasse à 19 h
01 43 22 77 74

17:28 Écrit par Dadumas dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : théâtre |  Facebook | |  Imprimer