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24/09/2008

Le rouge est mis

Rouge, tout est rouge chez Diana Vreeland (Claire Nadeau), « la flamboyante rédactrice en chef de Vogue, Miss V. dont les avis en matière de mode avaient force de loi. Jusqu’à ce jour,où, brutalement, son employeur lui signifia, par lettre qu’elle « avait fait son temps ».

Rouge de colère ? Rouge de honte ?  Rouge  parce que ça donne bonne mine... Et qu'elle ne va pas perdre la face !

Elle est seule, aujourd’hui dans son appartement new-yorkais. Elle monologue, remonte le cours de sa carrière, dégringole en aval, s’accroche au bourd du gouffre : l’affront la dépossède de tout ce qui faisait son pouvoir et ses relations se dérobent, l’une après l’autre. Sic transit gloria mundi.

Full Galop de Mark Hampton, et Mary Louise Wilson est devenu La Divine Miss V. dans l’adaptation de Jean-Marie Besset. Le texte frappe, la situation électrise.

Dans le rutilant décor d’Édouard Laug, maquillée ( Suzanne Pisteur) et coiffée comme une geisha (Pascal Donnadieu), Claire Nadeau vêtue de noir (costume de Christian gasc) se cabre comme un animal sauvage et blessé. Elle est superbe.

La mise en scène de Jean-Paul Muel lui donne une aisance triomphale.

Jamais vaincue, Miss V. entame une nouvelle carrière.

À imiter après tout licenciement…

Théâtre du Rond-Point

Salle Tardieu, 18 h 30

Jusqu’au 26 octobre.

15:30 Écrit par Dadumas dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Théâtre |  Facebook | |  Imprimer

05/09/2008

Être ou ne pas être…marié

Le mariage ne réussit pas à tout le monde. Ainsi, depuis que François (Stéphane Cottin) a épousé Valérie (Isabelle Cotte), il est harcelé par sa jalousie. Mais Serge (Éric Savin) qui n’a plus ni femme, ni boulot, croit encore aux valeurs sûres. Pourtant, quand il s’agit de séduire une femme libre, Gwendoline (Lysiane Meis), qui prétend préférer les « mecs mariés » aux célibataires, il remet vite fait l’alliance qu’il avait eu pourtant tant de mal à enlever, et dont Cyril (José Paul) voulait s’emparer afin d’appâter Élise (Caroline Maillard).

Un premier mensonge en entraîne un autre, depuis Feydeau le principe de la cascade est bien connu, et Xavier Daugreilh n’est pas un débutant. fb282a6eaa6b253f1ea2a70344c4690f.jpgAvec Sans mentir il trousse avec art une comédie de moeurs raffinée, légère et pétillante où l’on retrouve les thèmes d’Accalmies passagères, et de Futur conditionnel. On reconnaît ses couples maladroits, avec des hommes un peu paumés devant l’attitude des femmes volontaires, lesquellles s’obstinent sur une idée, même si les événements leur donnent tort.

Ainsi, avec une lucidité et une tendresse singulières, dit-il la vérité sur la fragilité des amours, l’aveuglement des intéressés, la difficulté d’être sincère en amour, la quasi impossibilité d’accorder l’être et le paraître et la souffrance de ne pas être aimé de qui on aime.

José Paul et Stéphane Cottin jouent aussi les metteurs en scène. Ils ont su trouver le rythme qui convient aux rebondissements de l’intrigue. 29453284df995b8d83a869a1c1875021.jpgLes décors de Sophie Jacob coulissent sur un plateau surélevé que cerne un espace déambulatoire et les bascules de lumières de Laurent Béal permettent de changer rapidement de lieux. Les déplacements sont réglés de mains de maître.

Pas de temps mort, une souplesse dans l’enchaînement, et des acteurs qui jouent juste, une histoire bien menée, une fin heureuse et, somme toute très morale, souhaitons donc pour cette rentrée théâtrale, beaucoup de pièces de cette tenue.

Sans mentir, bien entendu.

 

 

Sans mentir de Xavier Daugreilh

Théâtre Tristan Bernard4f09074efd98f3f3709e9cacfbf3fef7.jpg

01 45 22 08 40

Texte publié à L"oeil du Prince, 12 €

11:35 Écrit par Dadumas dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Théâtre |  Facebook | |  Imprimer

26/06/2008

Prix Emmanuelle Marie

Le prix Emmanuelle Marie a été créé par les EAT (écrivains associés du théâtre) pour remercier les compagnies, les associations, les structures qui accomplissent un travail de diffusion du texte de théâtre, souvent dans des conditions difficiles, voire désespérantes, quand les débats culturels du jour s'orientent plutôt vers la télévision.

Luttant contre les marées de la médiocrité et le vent du conformisme, certains utopistes continuent le combat, s'attachant à entretenir, comme le disait Vaclav Havel "le foyer spirituel de la communauté humaine."

3ce8c21b0505df65fa280e847c949dd5.jpgEn 2008, le prix a été attribué à l'Association Orphéon, compagnie Orphéon Théâtre intérieur, Bibliothèque de Théâtre Armand Gatti à Cuers (83).

Les auteurs de Théâtre remercient le travail acharné de la compagnie Orphéon et saluent leurs lecteurs...

Pour le théâtre et le meilleur : auteurs et lecteurs unis...