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17/02/2016

Pas de miracle à Castel Gandolfo

 

 

théâtre, théâtre La Bruyère, A. Vitez, Jean-PaulI ILe 28 juillet 1988, La Comédie-Française donnait à Castel Gandolfo, devant le pape Jean-Paul II, une représentation du Mystère de la charité de Jeanne d’Arc de Charles Péguy. Antoine Vitez, le nouvel administrateur accompagnait ses sociétaires. Après le spectacle, Jean-Paul II s’attarda avec les participants. Jean-Philippe Mestre, grand reporter au Progrès de Lyon et auteur, enregistra les propos. Ces échanges sont devenus œuvre théâtrale : Jean-Paul II-Antoine Vitez, Rencontre à Castel Gandolfo.

Le Pape (Bernard Laineau) aime le théâtre. Il en a écrit quand il était jeune, il est monté sur scène. Il apprécie Péguy. Mais la politique sépare les deux hommes. Vitez (Michel Bompoil) ne pardonne pas à l’Église d’avoir excommunié les comédiens, soutenu l’Inquisition et protégé les criminels. Jean-Paul II reproche à Vitez d’être « compagnon » des communistes qui emploient les mêmes méthodes que l’Inquisition. Le Pape lui oppose qu’il est « dépositaire du passé » et ne peut « le réformer ».théâtre, théâtre La Bruyère, A. Vitez, Jean-PaulI I

Pas de décor, juste un fond lumineux qui rougit ou bleuit (lumières de Jean-Michel Blanchi). Pascal Vitiello, le metteur en scène, met en valeur la « parole » des deux hommes. Les deux comédiens la transmettent avec force et conviction.

Le dialogue entre l’artiste et le chef des catholiques est dense, élevé, argumenté. Jean-Philippe Mestre, s’inspire à la fois de la rencontre de 1988 et des écrits des deux hommes.

Le Pape parle de Dieu, de la foi, et de l’Éternité. Vitez parle de la raison, et pour lui, « le sacré, c’est le théâtre ».

Ils ne pourront jamais s’entendre, ni sur Dieu, ni sur les hommes. Il n’y aura pas de miracle à Castel Gandolfo.

On regrette que Jean-Paul II, qui parle ici d’un spectacle de 1974, Les Miracles, tiré de L’Évangile de Jean, qui cite la conversion de Claudel, n’ait pas un mot sur Le Soulier de satin (1987), immense succès qui fit de Vitez « une sorte de pontife » du Théâtre.

Mais on prend un réel plaisir à entendre ce débat de haut niveau, si rare actuellement.

 

Photos : © LOT

 

Jean-Paul II-Antoine Vitez, Rencontre à Castel Gandolfo de Jean-Philippe Mestre

Théâtre La Bruyère à 19 h

Depuis le 10 février.

01 48 74 88 21

 

 

15/02/2016

Heureux anniversaire !

DEMAIN, MARDI 16 FÉVRIER 2016,Théâtre, Théâtre de la Huchette, Ionesco

                        Le THÉÂTRE DE LA HUCHETTE

 entamera la 60ème année d’exploitation de

« LA CANTATRICE CHAUVE » et « LA LEÇON »

de Eugène IONESCO 

à l’occasion de leur 18232e représentation !Théâtre, Théâtre de la Huchette, Ionesco 

et le troisième spectacle,

« KIKI, LE MONTPARNASSE DES ANNÉES FOLLES »,

 fêtera sa 161e représentation

 

13/02/2016

Chapeau l’artiste !

 

Théâtre, Théâtre 71, Art de la Comédie, Eduardo de Filippo. HatemLe nouveau préfet (Fabien Orcier) vient de prendre ses fonctions dans une ville où il ne connaît personne. Son secrétaire (Christophe Vandevelde), fraîchement nommé ne peut pas le renseigner, et le Planton (Nicolas Bonnefoy) n’est là que depuis peu de temps.

Comment distinguer la vérité du mensonge dans les médisances que ses administrés ne manqueront pas de raconter ? Mais le préfet n’est pas homme à se laisser manipuler, il a le jugement clair et l’esprit subtil. Il fait établir par son secrétaire une liste des notables à recevoir en priorité : le médecin (Maxime Le Lièvre), le pharmacien (Nicolas Bonnefoy), le curé (Marc Jeancourt), l’institutrice (Sylvie Orcier).

Il n’avait pas prévu de rencontrer Oreste Campese (Mohamed Rouabhi), comédien, chef d’une troupe itinérante et familiale, dont la « roulotte » vient de brûler. Mais comme il est bienveillant, il l’accueille et lui offre un permis de transport pour se déplacer gratuitement. Campese ne demandait pas l’aumône, il souhaitait simplement que le Préfet honore de sa présence la première représentation que la troupe donnerait au théâtre municipal. Car la présence d’un préfet vaut caution et pourrait décider un public qui « n’ose pas entrer dans les théâtres ».

Mais le Préfet pense que le Théâtre est un divertissement, que lui, a des affaires plus sérieuses à traiter, et des gens plus importants que des saltimbanques à rencontrer ! Campese a beau lui avancer que son spectacle présente « des aventures calquées sur la réalité », le préfet n’en démord pas et nie même l’utilité du théâtre. Campese le défie de faire la différence entre réalité et fiction. Et comme, au lieu du permis de chemin de fer, le secrétaire lui a donné la liste des notables, qui sait si les invités ne seront pas des « personnages en quête d’auteur » ?

Alors, à chaque nouvel arrivant, le préfet doute, pose des questions pièges, fortifie ses certitudes, et naturellement…théâtre,théâtre 71,eduardo de filippo,hatem

N’en disons pas plus, Eduardo de Filippo est un maître des situations conflictuelles. Ses personnages mènent un jeu ambigu, et les comédiens dirigés par Patrick Pineau dansent une sarabande effrénée et jubilatoire. Chapeau l’artiste !

On conseillerait bien aux politiques de tous bords, que leur pouvoir enorgueillit, de méditer les mésaventures de ce préfet, et de s’en souvenir au moment où les artistes ont besoin d’une place dans la cité.

 

 

 

L’Art de la comédie d’Eduardo de Filippo

Traduction d’Huguette Hatem

Mise en scène de Patrick Pineau

 

Théâtre 71

01 55 48 91 00

jusqu’au 18 février

 

 

Tournée

26 février à Val de Reuil

1 au 5 mars Théâtre de Dijon

8 mars Le Salmanazar à Epernay