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24/11/2012

Nouvelles livraisons

 

 

Je reçois les deux dernières livraisons de Fréquence Théâtre. Si vous êtes amateurs et cherchez des textes à jouer, en voici :

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En vers et contre tous* suivi de Sugar Town** de Amine Kaci

« En vers », pas toujours réguliers, mais souvent percutants, vous avez le texte, et « contre tous » les autres personnages, un bien étrange peintre, Cyrus, qui peint les âmes !

Oui, vous avez bien lu : « les âmes ». Au cours d’un dîner mondain, la mort subite de Me Mougeot, maître des lieux, conduit Cyrus à mener une curieuse enquête.

Enquête également dans Sugar Town, construit comme un face à face terrible entre un amant dépité et un mari cocu et haineux.

Amine Kaci est un auteur singulier, dont l’univers rappelle celui de Pinter. Il « multiplie les fausses pistes » et « mélange les genres ».

 

* Pièce créée en 2006, au Petit Gymnase à Paris.

** Pièce créée en 2011 au Théâtre Brady à Paris

 

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Au plus simple suivi de L’Appel de Frédéric Tokarz

Les deux pièces Au plus simple et L’Appel s’inscrivent dans notre société en crise.

Les personnages de Au plus simple* se débattent entre peur de perdre leur emploi, crédits immobiliers, et désamour. Ils essaient de bluffer, mais s’empêtrent dans leurs mensonges. Ils n’évitent pas les échecs, mais conservent leur sens de l’humour.  

L’Appel évoque le monde judiciaire, le harcèlement d’un patron, la soumission des femmes mais également leur solidarité.

Frédéric Tokarz est comédien et écrit de beaux rôles pour les comédiennes.

 

 

* Actuellement au Ciné 13 à Paris depuis le 7 novembre 2012

 

 

 

 

Fréquence Théâtre  N° 50 et 51, prix : 12, 50 €

16/11/2012

Mémoires d'un grenier

 

 

Il existe à Paris des lieux chargés d’histoire et peu connus du grand public. Ainsi, le grenier de ce fameux Hôtel d’ Hercule, où fut conduit après son forfait, Ravaillac, l’assassin de Henri IV. Balzac y situe son court roman Le Chef-d’œuvre inconnu, prétexte à disputer de l’art et des artistes.

Car telle est sa vocation. Jean-Louis Barrault y abrita sa jeune compagnie en 1934 et en fit un lieu ouvert à tous les courants artistiques de l’époque. Le groupe Octobre y répéta avec Prévert et Picasso y vécut de 1937 à … Là-dessus les historiens ne sont pas d’accord, certains disent 1945, et la plaque, à l’entrée annonce 1955. Mais tous s’accordent pour dire qu’il y créa Guernica, dont les dessins préparatoires ornent encore les murs.

Vous aviez reconnu… le grenier des Grands-Augustins.

Pour le faire revivre, Alain Casabona, secrétaire général du Haut conseil de l’éducation artistique et culturelle, écrivain, pianiste de renom et maître des lieux, y organise souvent des concerts, des lectures, des conférences. Cette année, il a eu l’idée du Théâtre. C’est ici,  raconte quelques-uns des grands moments du grenier. Ravaillac (Christophe Gauzeran) y affronte la colère du jeune Louis XIII (Juliette Croizat), Balzac (Olivier Balzuc) et Delacroix (Christophe Gauzeran) bataillent à propos de l’inspiration artistique, et Picasso (Olivier Balzuc) débat avec Dora Maar (Sarah Vernette).

Comment relier ces époques ? Alain Casabona a demandé le témoignage de la Poutre qui, depuis la construction de l’hôtel, soutient l’édifice, observe et juge tous ceux qu’il a abrités. Elle est la mémoire du grenier. Cette idée dramaturgique est d’autant meilleure que pour incarner ce personnage hors du commun, une actrice rare, Charlotte Rampling, a accepté l’enjeu. Elle est merveilleuse de finesse, d’ironie, de sagesse.

Je ne vous dirai rien de la mise en scène, vous me jugeriez partiale, puisque celui qui la dirige s'appelle François Leclère. Mais ce n’est pas une raison parce qu’il est mon fils de taire que je l’admire. Je ne vais pas laisser non plus à des plumes tout miel et tout fiel de distiller des malveillances.

Deux représentations seulement pour l’instant, uniquement sur invitations, mais on se prend vite à rêver plus.

En attendant, lisez le texte et espérez…

 

 

C’est ici  d’Alain Casabona, préface de Jacques Lassalle, éditions Triartis, 10€

 Au Grenier des Grands-Augustins, 7 rue des Grands-Augustins, les lundis 12 et 19 novembre, à 19 h 30.

 

 

Vient de paraître

 

Vous savez que le Théâtre, c'est d'abord un texte, et voici que viennent de paraître deux pièces de théâtre de Claude Mercadié , qui a été journaliste à Nice-Matin, et qui donne aujourd’hui une forme dramatique à ses réflexions sur les événements et les hommes. 

« Je trouve toujours un fait qui me surprend », dit-il à Christophe Mory qui dirige aujourd’hui la Librairie théâtrale. 

Ute Kayser ou L’Improbable Pardon trouve son inspiration dans la guerre. Laquelle ? La dernière que notre sol ait connue, et que l’auteur a faite aussi. Mais elle pourrait se situer ailleurs, dans toutes celles où les femmes, victimes de viols, paient de leur chair les pulsions des guerriers.

Mercadié Claude : Ute Kayser ou L’Improbable Pardon, 12 €, éditions de l’œil du Prince

 

La Confession, est plus intime, mais traite d’un grand sujet de société, l’Église et ses prêtres. Elle met en scène un prêtre vieillissant face à la question du doute, que ce soit celui des fidèles qui désertent les églises, ou celui des prêtres qui se défroquent. « Qu’as-tu fait de ton frère ? » demandait l’Éternel, « Qu’as-tu fait de tes fils ? « interroge l’Homme d’aujourd’hui.

 

Mercadié Claude : La Confession, 12 €, éditions de l’œil du Prince