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17/11/2012

Tout est bon dans le cochon

 

 

« Qui craint le grand méchant loup ? C’est p’t’êt’ vous, c’est pas nous ! » Vous vous rappelez ce refrain de votre enfance ? Alors vous allez vous réjouir de l’arrivée des Trois Petits Cochons sur la scène du Studio de la Comédie-Française.

Bruno Bettelheim nous a appris que les contes sont nécessaires aux enfants, ils leur apprennent à vaincre leurs angoisses en leur montrant les efforts à faire pour raisonner, acquérir leur maturité, leur indépendance.


Thomas Quillardet qui a beaucoup lu les contes traditionnels a trouvé trace des trois petits cochons dans les récits de Pologne, d’Allemagne, de France, de Lorraine, de Bretagne. Ils racontent la dure initiation des enfants aux pièges de l’abandon, de la séduction, de la violence, de la peur. « Toutes les versions commencent par la même scène, une mère (…) chasse ses enfants ».théâtre,studio de la comédie-française,thomas guillardet,serge bagdassarian,bakary sangaré

Ici, la mère (Bakary Sangaré) se sacrifie pour leur éviter « le couteau du charcutier » (Serge Bagdassarian), lequel proclame - en chantant - que « tout est bon dans le cochon ». Les trois petits (Marion Malenfant, Stéphane Varupenne, Julie Sicard), plus enfants que gorets, s’enfuient.

Le décor (scénographie de Dominique Schmitt) se modifie à vue, les lumières d’Eric Dumas transforment les espaces, les suggèrent dans des séries de « flashes » amusants.

Je ne vous raconte pas l’errance des trois enfants, ni les épisodes des différentes maisons, ni les ruses du loup (Serge Bagdassarian) pour les dévorer. Je vous laisse découvrir la belle invention poétique du texte qui permet aux enfants de ne pas se sentir tout à fait seuls, de ne jamais désespérer de la vie quelles que soient les circonstances.

Allez-y vite, n’attendez pas les vacances de Noël pour emmener non seulement vos enfants (ou vos petits-enfants), ils n'auront même pas peur ! Mais aussi, les parents, les grands-parents, et même les ados réticents, qui retrouveront avec émotion leurs rêves d'enfance. Ils seront tous… enchantés.

Il a raison le charcutier : « tout est bon, dans le cochon » !

 

 

 

 Les Trois Petits Cochons

adaptation de Marcio Abreu et Thomas Quillardet

Jusqu’au 30 décembre

Studio de la Comédie-Française

www.comedie-francaise.fr

 

 

16/11/2012

Mémoires d'un grenier

 

 

Il existe à Paris des lieux chargés d’histoire et peu connus du grand public. Ainsi, le grenier de ce fameux Hôtel d’ Hercule, où fut conduit après son forfait, Ravaillac, l’assassin de Henri IV. Balzac y situe son court roman Le Chef-d’œuvre inconnu, prétexte à disputer de l’art et des artistes.

Car telle est sa vocation. Jean-Louis Barrault y abrita sa jeune compagnie en 1934 et en fit un lieu ouvert à tous les courants artistiques de l’époque. Le groupe Octobre y répéta avec Prévert et Picasso y vécut de 1937 à … Là-dessus les historiens ne sont pas d’accord, certains disent 1945, et la plaque, à l’entrée annonce 1955. Mais tous s’accordent pour dire qu’il y créa Guernica, dont les dessins préparatoires ornent encore les murs.

Vous aviez reconnu… le grenier des Grands-Augustins.

Pour le faire revivre, Alain Casabona, secrétaire général du Haut conseil de l’éducation artistique et culturelle, écrivain, pianiste de renom et maître des lieux, y organise souvent des concerts, des lectures, des conférences. Cette année, il a eu l’idée du Théâtre. C’est ici,  raconte quelques-uns des grands moments du grenier. Ravaillac (Christophe Gauzeran) y affronte la colère du jeune Louis XIII (Juliette Croizat), Balzac (Olivier Balzuc) et Delacroix (Christophe Gauzeran) bataillent à propos de l’inspiration artistique, et Picasso (Olivier Balzuc) débat avec Dora Maar (Sarah Vernette).

Comment relier ces époques ? Alain Casabona a demandé le témoignage de la Poutre qui, depuis la construction de l’hôtel, soutient l’édifice, observe et juge tous ceux qu’il a abrités. Elle est la mémoire du grenier. Cette idée dramaturgique est d’autant meilleure que pour incarner ce personnage hors du commun, une actrice rare, Charlotte Rampling, a accepté l’enjeu. Elle est merveilleuse de finesse, d’ironie, de sagesse.

Je ne vous dirai rien de la mise en scène, vous me jugeriez partiale, puisque celui qui la dirige s'appelle François Leclère. Mais ce n’est pas une raison parce qu’il est mon fils de taire que je l’admire. Je ne vais pas laisser non plus à des plumes tout miel et tout fiel de distiller des malveillances.

Deux représentations seulement pour l’instant, uniquement sur invitations, mais on se prend vite à rêver plus.

En attendant, lisez le texte et espérez…

 

 

C’est ici  d’Alain Casabona, préface de Jacques Lassalle, éditions Triartis, 10€

 Au Grenier des Grands-Augustins, 7 rue des Grands-Augustins, les lundis 12 et 19 novembre, à 19 h 30.

 

 

Vient de paraître

 

Vous savez que le Théâtre, c'est d'abord un texte, et voici que viennent de paraître deux pièces de théâtre de Claude Mercadié , qui a été journaliste à Nice-Matin, et qui donne aujourd’hui une forme dramatique à ses réflexions sur les événements et les hommes. 

« Je trouve toujours un fait qui me surprend », dit-il à Christophe Mory qui dirige aujourd’hui la Librairie théâtrale. 

Ute Kayser ou L’Improbable Pardon trouve son inspiration dans la guerre. Laquelle ? La dernière que notre sol ait connue, et que l’auteur a faite aussi. Mais elle pourrait se situer ailleurs, dans toutes celles où les femmes, victimes de viols, paient de leur chair les pulsions des guerriers.

Mercadié Claude : Ute Kayser ou L’Improbable Pardon, 12 €, éditions de l’œil du Prince

 

La Confession, est plus intime, mais traite d’un grand sujet de société, l’Église et ses prêtres. Elle met en scène un prêtre vieillissant face à la question du doute, que ce soit celui des fidèles qui désertent les églises, ou celui des prêtres qui se défroquent. « Qu’as-tu fait de ton frère ? » demandait l’Éternel, « Qu’as-tu fait de tes fils ? « interroge l’Homme d’aujourd’hui.

 

Mercadié Claude : La Confession, 12 €, éditions de l’œil du Prince